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« Je suis toujours le même à l’intérieur, mais j’ai changé à l’extérieur » : la reconstruction de George Ivanchenko, photographe amputé en Ukraine

Le 3 octobre 2025, près de Droujkivka (Ukraine), un drone russe cible George Ivanchenko lors d’un reportage dans le Donbass. Dans cette attaque, il perd son ami et mentor, le photographe Antoni Lallican, collaborateur régulier du Monde, tué à l’âge de 37 ans. Blessé à la jambe, George est évacué à Kramatorsk, où il sera opéré en urgence.

Dans sa chambre d’hôpital, les couloirs de son centre de rééducation, les parcs ou les hôtels où il retrouve sa compagne, Lisa, à travers l’Ukraine, l’homme âgé de 25 ans, amputé à la jambe, commence ce qui deviendra « New Normal », une série de Polaroid qui documente sa reconstruction personnelle. « Toute ma vie, j’ai fait des autoportraits, souvent dans des moments émotionnellement difficiles, pour capter ce à quoi je ressemblais à ces moments-là. Et c’est ce que je continue à faire », dit-il au Monde. A travers ses clichés, pris parfois par des proches, des inconnus ou des compagnons de rééducation gravement blessés, George raconte aussi sa génération.

Plutôt que de se concentrer sur le traumatisme lui-même, le photographe observe la réalité quotidienne de la reconstruction, des moments de calme, d’intimité, d’incertitude et le retour progressif au mouvement. « Le vélo, le ski, le cheval, quand tu en fais pour la première fois avec ton nouveau corps, tu retrouves ta liberté, tu ne penses plus à la guerre, à la vraie vie. C’est comme retomber en enfance, tu retrouves tes 7-10 ans, tu retrouves tes souvenirs. »

La série « New Normal » est aussi une histoire de soutien : celui de sa mère, Natalia, de sa compagne et d’amis proches. Ce soutien, y compris celui d’inconnus, lui a permis de s’offrir une future prothèse dotée d’un genou commandé par microprocesseur. Après près de trois mois passés en fauteuil roulant et avec des béquilles, une nouvelle étape commence et, avec, la découverte des possibilités d’un nouveau corps. La vie quotidienne change du tout au tout et, avec elle, l’envie de retourner sur le terrain.

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Source:

www.lemonde.fr

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