Le 26 mars, le nouveau maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko (La France insoumise), recevait une remontrance du gouvernement, par la voix du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel. L’édile avait eu des mots ambigus sur l’avenir des personnels municipaux en désaccord avec ses choix, et M. Amiel l’avait rappelé à l’ordre républicain, les agents publics ne pouvant être stigmatisés en raison de leurs idées ou leur engagement. Un rappel fort utile, et que le gouvernement pourrait s’adresser à lui-même.
Car, depuis plusieurs mois, la guerre à outrance qu’il livre à la protection de l’environnement ne se traduit plus seulement par le détricotage du droit ou des pressions sur les institutions de l’Etat, mais finit par ruisseler sur ses agents.
Un cas emblématique est celui de la directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), Anne Le Strat. Depuis sa nomination, en janvier, Mme Le Strat est l’objet d’une intense campagne de dénigrement, orchestrée notamment par la Coordination rurale, syndicat agricole proche de l’extrême droite. Motif du mécontentement : l’intéressée a été par le passé militante écologiste, ce qui lui a valu de subir en début d’année une avalanche d’injures et de menaces de mort. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a prudemment évité de manifester le plus petit soutien à l’intéressée, et a donné gain de cause à ses agresseurs en saisissant trois inspections générales d’une enquête administrative sur les fautes éventuelles ayant permis son recrutement.
« Cette décision nous interpelle fortement puisqu’elle introduit, sur la seule base de déclarations politiques, une suspicion d’absence d’intégrité des procédures et personnels de l’OFB, établissement public déjà bien malmené ces derniers mois dans certains médias et par certains lobbys », ont poliment protesté les personnels de l’inspection générale de l’environnement et du développement durable auprès de leur ministre de tutelle, dans une lettre du 18 mars.
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