- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilOpinionFayard : l’appel de 17 universitaires « à une modification de la loi sur la...

Fayard : l’appel de 17 universitaires « à une modification de la loi sur la propriété intellectuelle, au nom des valeurs qu’ils défendent depuis toujours »

Jamais l’industrie du livre n’a été aussi concentrée en France que depuis le début des années 2020. A lui seul, le groupe Hachette Livre « pèse » 3 milliards d’euros en 2026, plus que ses quatre principaux concurrents [Editis, Média-Participations, Madrigall, Albin Michel]. Si Vincent Bolloré a dû renoncer à fusionner Hachette, acquis en 2022, et Editis, il n’a pas abandonné son projet d’utiliser le média qu’est le livre dans sa croisade destinée à imposer un candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle de 2027.

Lire aussi l’analyse | Article réservé à nos abonnés Le limogeage d’Olivier Nora à la tête de Grasset confirme la reprise en main de l’édition par Vincent Bolloré

La nomination à la tête de Fayard, en juin 2024, de Lise Boëll, éditrice deux fois écartée – d’abord du groupe Albin Michel, puis d’Editis – pour son obstination à politiser les catalogues de ces maisons, a résonné comme un véritable défi lancé au monde du livre. Après avoir mis ses chaînes de télévision et de radio (CNews, Canal+, Europe 1), Le Journal du dimanche, ainsi que l’ensemble de sa distribution (le réseau Relay) au service de sa cause, Vincent Bolloré s’en prend au livre en raison de son très fort pouvoir symbolique. Ce qui explique le licenciement brutal, à la mi-avril, d’Olivier Nora, PDG de Grasset, en désaccord avec cette orientation idéologique, contraire au passé du groupe Hachette.

Les auteurs réunis, entre 1980 et 2022, par Claude Durand, Olivier Nora et Sophie de Closets dans les catalogues de sciences humaines et sociales de la maison d’édition Librairie Arthème Fayard [Hachette Livre] se sont très vite émus de cette captation d’héritage. Face au refus de la direction de leur restituer leurs droits, qui constituent l’essence même de leur réputation et de leur honneur, ils en appellent à une modification du contrat d’édition ; et à l’inclusion d’une clause de conscience permettant aux auteurs, comme c’est le cas des journalistes face à leurs actionnaires, de pouvoir sortir d’une dépendance contraire à leur éthique.

Ne contestant aucunement la propriété du capital financier, ni le droit pour les hommes politiques, d’extrême droite comme d’extrême gauche, de trouver un éditeur capable de les publier, ils refusent cependant le détournement de capital symbolique que constitue l’arrivée comme auteurs chez Fayard, de Jordan Bardella, de Nicolas Sarkozy ou de Philippe de Villiers. Au nom des valeurs qu’ils défendent depuis toujours, et notamment du refus de voir la France tourner le dos à son passé, ils souhaitent, à terme, et si c’est nécessaire, une modification de la loi sur la propriété intellectuelle.

Il vous reste 56.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img