Publié le 22/04/2026 22:33
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Avant de se lancer dans la course à l’Élysée, il faut d’abord trouver des millions d’euros. Des dons à aller chercher un par un, des dîners de soutien, des prêts bancaires parfois très difficiles à obtenir… Alors que le remboursement des frais de campagne est soumis à condition. Explications.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Sur la ligne de départ, déjà dix candidats officiellement lancés pour la présidentielle de 2027. Mais parmi eux, tous n’iront peut-être pas au bout. Car le chemin est long et très cher. Une campagne peut coûter jusqu’à 16,8 millions d’euros maximum pour le premier tour et 22 millions et demi pour les deux finalistes. Alors, où les candidats trouvent-ils cet argent ?
Au QG de François Ruffin (Debout !), chaque semaine, sept petites cellules s’activent. Des petits dons, entre 1 et 50 euros en moyenne, pour récolter 1,5 million d’ici la fin de l’année et financer meetings, tracts et campagnes numériques. « On a aujourd’hui 6 000 particuliers qui donnent et l’objectif, c’est de passer à 10 000, à 15 000, à 20 000 », explique le candidat, « Tout ce qu’on pourra prendre, on le prendra. Si Bernard Arnault veut donner, il est bien sûr le bienvenu. »
Des donateurs plus généreux que certains candidats courtisent dans des dîners discrets. Un stratège LR se vante : « On peut lever jusqu’à 50 000 euros par dîner. » Et certains candidats ont visiblement convaincu. Selon nos informations, déjà un million d’euros dans la cagnotte du maire de Cannes David Lisnard (Nouvelle Énergie). Quatre à cinq millions en réserve pour Édouard Philippe (Horizons).
Des dons qui sont encadrés par la loi : 4 600 euros maximum par donateur jusqu’à l’élection. Alors, pour les prétendants pas officiellement déclarés, comme Xavier Bertrand (LR) ou Raphaël Glucksmann, la chasse aux euros est plus compliquée. Un cadre du parti de ce dernier, Place Publique, confie : « Certains donateurs attendent de voir qui sera vraiment candidat et qui sera le mieux placé pour donner à la bonne personne. »
Mais dans la course à l’Élysée, le plus efficace reste d’avoir le soutien d’un parti. Renaissance, par exemple, dispose d’une fortune de 40 millions d’euros. La moitié provient de la vente de son ancien siège. Côté LR, malgré 7 à 8 millions d’euros de dette, Bruno Retailleau, désormais candidat officiel du parti, pourra lui compter sur un trésor : les cotisations des 76 000 adhérents. Pierre Danon, trésorier du parti, révèle : « J’ai indiqué à notre président qu’on aurait au moins entre 1 et 2 millions de plus que ce qu’on avait prévu. (…) Donc c’est tout de suite une sorte de cagnotte pour la campagne.’
Mais LR devra aussi convaincre les banques, comme tous les autres partis. Car obtenir un prêt est indispensable dans une campagne. Le RN, par exemple, souhaite emprunter 10 millions. Mais problème : déjà deux refus de banques françaises. « On a donc également envoyé ce dossier de demande de prêt dans plusieurs pays, dans des établissements européens, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Hongrie, comme la fois précédente », détaille Kévin Pfeffer, député de Moselle et trésorier du Rassemblement national.
Une fois les financements trouvés, restera le plus dur pour les candidats : passer la barre des 5 % au premier tour pour être remboursés de la moitié de leurs dépenses.
Source:
www.franceinfo.fr





