Publié le 22/04/2026 20:51
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L’ancien président de la République est l’invité d’Agathe Lambret dans ce nouvel épisode du podcast « Dans les yeux d’Agathe ». Il se livre sur son quinquennat, ce qui l’a construit et ce qui le pousse à « préparer » 2027.
Dans ce nouvel épisode du podcast « Dans les yeux d’Agathe », l’ancien président de la République François Hollande revient sur la construction de son identité politique, l’exercice de la fonction présidentielle, les défis qui attendent la France pour 2027.
Pour l’ancien chef de l’État, la politique est avant tout une affaire de « transmission ». François Hollande a grandi entre un père médecin, très à droite, partisan de l’Algérie française, et une mère assistante sociale, engagée à gauche. Lui craignait l’effondrement du monde, elle trouvait toujours à espérer. « Ces deux contraires, le jour et la nuit, m’ont quand même, si je puis dire, éclairé ». Il confie : « J’ai remercié mes parents, pas simplement parce qu’ils m’avaient mis au monde, mais pour leur différence, précisément pour m’avoir permis d’exercer mon sens critique. »
Inspiré par la figure de François Mitterrand, François Hollande a appris que la politique est un art de la scène, où la gestuelle et l’esprit sont des outils de pouvoir. Mais aussi l’humour. « Il n’y a pas de politique sans humour, estime-t-il. Il n’y a pas non plus de politique sans réflexion, sans idées, sans argumentation, mais il y a toujours la nécessité de mettre de l’esprit, de faire que ceux qui vous écoutent puissent à un moment être retenus par un rire ou par un sourire. »
Président, François Hollande a aussi mesuré la gravité de la fonciton ou l’importance du rapport de force. Il revient sur la brutalité des échanges sur la scène internationale, face à des Vladimir Poutine ou Donald Trump. Le président russe, assure-t-il, alterne « le brûlant et le glacial » et « ne comprend que les rapports de force ». Il note d’ailleurs qu’Emmanuel Macron ne l’a pas sollicité sur son expérience. « S’il l’avait fait, je l’aurais mis en garde en ne lui laissant pas croire que la séduction, les invitations, une espèce de complicité ou de connivence pourraient avoir le moindre effet. » Est-ce un conseil qu’il lui donnerait encore aujourd’hui ? « Il est encore temps de le suivre… »
S’il ne se déclare pas officiellement candidat pour 2027, François Hollande affirme se préparer. Non pas parce qu’il entretiendrait « une relation passionnelle à l’égard du pouvoir », se défend-il. « Ce qui est intéressant, c’est de savoir si c’est utile d’être candidat ou de ne pas être candidat. Aujourd’hui, qui peut dire qu’il va être président demain ? Ce sont les Français seulement qui le diront le moment venu. » Il rejette l’idée d’une primaire à gauche, écarte l’hypothèse Mélenchon – « S’il est au second tour, chacun sait qu’il sera battu par Marine Le Pen ou par Jordan Bardella » – et préfère parler de « projet commun », de travail collectif avec ceux dont il se dit proche, Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et « une grand partie des responsables socialistes ». « C’est ensuite que chacun doit savoir s’il est le mieux placé pour l’emporter. Moi, je serai toujours du côté de celui ou de celle qui apportera toutes les garanties pour gagner. »
Pour lui, le vote utile sera « la mécanique du scrutin de 2027, à droite comme à gauche ». « Avant, on disait : on choisit au premier tour, puis on élimine. Cette fois, les électeurs vont choisir et éliminer dès le premier tour. Au premier tour, vous saurez qui va être président de la République. Et les Français feront tout pour que leur choix de premier tour soit le choix décisif. »
François Hollande le sait, avoir été président n’est pas forcément un atout, même s’il revendique un principe : « Toujours être fier de ce qu’on a fait ». Mais « on ne se fait pas réélire sur un bilan, il faut toujours avoir un projet », concède-t-il. Pour lui, qui confie avoir « peur du temps qui passe », « ce qui compte, c’est la suite ».
Source:
www.franceinfo.fr





