ActuaLitté : Pourquoi Le Baiser du Frelon a-t-il choisi d’éditer comme premier livre Raconter, rédiger, lire à tout âge, d’Odéric Delefosse, linguiste spécialiste de l’acquisition de la langue ?
Le Baiser du Frelon : Nathalie Bresson a d’abord été institutrice puis secrétaire de rédaction, Charles Fantin a été correcteur et membre du jury des Dicos d’or, préparant les dictées de Bernard Pivot. La langue est inscrite dans notre ADN !
Odéric Delefosse servait le développement du lire et rédiger pour tous. Il a écrit un livre humaniste, où il voulait que les élèves, les adolescents et les adultes en difficulté trouvent leur place personnellement, socialement et professionnellement. La dictée à l’adulte, dite inversée, c’est le moment clé où une personne ose et peut dicter à un adulte compétent ce qu’il a pensé et formalisé… alors pour elle tout change. Cette démarche, mise en pratique dans les années 1980, a été appliquée avec succès par une professeure des écoles, Florence Gauthier, qui a reçu pour cela en 2023 le Prix académique de l’innovation. Il ne faut jamais désespérer.
Cette démarche a aidé des personnes en difficulté, des enfants sourds, multilingues ou qui ont des troubles du langage, des migrants, des illettrés. À l’heure de l’IA, est-elle encore valide ?
L’IA n’est pas intelligente ni sensible, c’est du calcul mémoriel, elle déshumanise l’être parlant. Oui, cette démarche est plus utile que jamais, à une époque où tant de gens sont déplacés.
Partout il y a un recul de l’apprentissage, de la langue et du savoir. En Afghanistan, les femmes et jeunes filles sont même interdites d’enseignement et d’éducation… Les langues et la littérature sont un rempart contre l’obscurantisme. L’histoire merveilleuse de l’acquisition de la langue, des langues, doit être soutenue.
L’éducation est avant tout une interaction vivante, une communication, une co-construction d’un langage commun à partir des ressources propres à chacun.
Votre dernier livre qui vient de sortir, Les Cahiers de Madame Durosier, de Nathalie Garnaud, sont les notes d’une prof de lettres de lycée en fin de carrière…
Ah, on adore ! Quoi de plus beau pour nous, passionnés par la langue, que de partager l’amour du métier de professeur et l’amour de la littérature. Ce livre fait sauter toutes les idées reçues sur le métier de prof, il y a de la tendresse, de l’humour, il est écrit à la troisième personne, ce qui permet de nous identifier à cette femme humble qui « aime » avant tout, on s’y attache au fil des pages, tout n’est pas facile mais elle ne se résigne jamais.
C’est notre façon d’éclairer tous les professeurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes dans un monde où nos libertés sont attaquées de toutes parts, notamment à travers l’IA, menaçant le monde éducatif.
On est heureux que ce livre ait été choisi pour la première sélection du prix Hors Concours 2026. On lui souhaite le meilleur.
DOSSIER – Édition indépendante : en avril, l’Autre Livre défend la bibliodiversité à Paris
Par Auteur invitéContact : contact@actualitte.com
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