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AccueilInterviewsÀ Paris, la Tour Montparnasse, mal-aimée, en passe de se métamorphoser

À Paris, la Tour Montparnasse, mal-aimée, en passe de se métamorphoser

La Tour Montparnasse entre dans une nouvelle ère. Symbole d’un modernisme brutal au cœur de Paris, ce gratte-ciel controversé, inauguré en 1973, fait aujourd’hui l’objet d’un vaste projet de rénovation. Les travaux devraient commencer cet été et se terminer autour de 2030.  

Dominant la capitale du haut de ses 210 mètres, la Tour Montparnasse ne laisse personne indifférent. Pour beaucoup, elle demeure une anomalie dans le paysage parisien, un « bloc énorme sans la moindre expression », à tel point qu’elle est surnommée « la verrue de Paris », « le monolithe » ou encore « la pierre tombale ».  

Malgré cette mauvaise image, la tour continue d’attirer : plus de 30 millions de visiteurs ont profité de son toit terrasse pour admirer une vue exceptionnelle. Là-haut, les critiques s’estompent devant le panorama. « C’est très grand ! », s’étonne un visiteur en découvrant pour la première fois l’étendue du Louvre et des monuments environnants. 

Un projet titanesque à plus de 600 millions d’euros

Depuis le 31 mars 2026, la Tour Montparnasse a fermé ses portes pour laisser place aux travaux. Le projet, estimé à plus de 600 millions d’euros, est porté par des investisseurs privés dont le gestionnaire d’actifs LFPI, la mutuelle MGEN, la filiale immobilière du groupe AXA ou encore l’homme d’affaire Xavier Niel. 

Façade entièrement repensée, intégration d’espaces végétalisés et sportifs, hôtel de luxe, amélioration des performances énergétiques… La future tour se veut plus attractive et plus verte. 

Mais ces promesses peinent à convaincre une partie des riverains et des associations de défense du patrimoine. Pour eux, l’effort écologique reste marginal.  

« Il n’y aura jamais que 30 % de la superficie qui sera végétalisée », dénonce Patrice Maire, président de l’association Monts14, qui voit dans le projet davantage un argument marketing qu’une véritable transformation environnementale. Selon lui, la tour, même rénovée, continuera de dénaturer les perspectives urbaines. 

Controversée depuis toujours 

À la fin des années 1960, les autorités avaient pour ambition de moderniser le quartier Montparnasse, quitte à rompre avec son identité artistique et populaire. Le chantier visait à faire entrer Paris dans l’ère des grandes métropoles verticales. Mais dès sa sortie de terre, la tour divise à tel point que quatre ans après son inauguration, Paris décide d’interdire de construire des immeubles de plus de 37 mètres, soit environ dix étages, dans la ville.  

Face aux problèmes de densité, les règles se sont assouplies en 2010, mais aujourd’hui encore, la rénovation de la Tour Montparnasse ne fait que prolonger ce débat historique.  

Sans oublier les négociations entre les copropriétaires et les autorités publiques, qui durent depuis plus de dix ans et qui ne cessent de retarder les travaux.  

« Paris impose des choses, mais ce n’est pas son projet », explique  Robert Benchetrit, qui travaille dans l’ensemble immobilier de la Tour Montparnasse depuis plus de 30 ans. « Le projet c’est des co-propriétaires privés qui ont des moyens financiers qui veulent aboutir sur des travaux d’embellissement et de rénovation. Si on écoutait que la ville de Paris, ce ne serait que des HLM ».  

Complexe immobilier dépassé  

Au total, trois bâtiments devraient être rénovés. Les travaux concernant la Tour Montparnasse et sa petite sœur la Tour CIT sont censés débuter cet été. Quant au centre commercial au pied des deux tours, les rénovations sont prévues en 2028.  

Autrefois dynamique, cette galerie marchande est aujourd’hui en grande partie déserté. Quelques commerces subsistent, comme Western Corporation, boutique historique de santiags. Son propriétaire, Daniel Verdure reconnaît la nécessité des travaux : « La rénovation, il y a longtemps qu’on aurait dû la faire. Les escaliers, ça fait 53 ans qu’on les monte ! » Mais l’incertitude demeure quant à l’avenir des enseignes indépendantes, confrontées à la perspective de loyers plus élevés et à une standardisation commerciale. « C’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Est-ce qu’ils voudront de multimarques avec des concepts un peu anciens ? Aujourd’hui, c’est assez formaté. Vous êtes dans un centre commercial, c’est Zara, Mango, H&M », confie son fils Raphaël.  

La restructuration de la galerie marchande doit encore être soumise à une consultation publique. Ce projet risque donc encore d’évoluer. 


Source:

www.france24.com

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