L’écrivain, prix Goncourt 1977 et ancien président de l’Académie Goncourt, est mort à l’âge de 81 ans.
Un prix Goncourt, une passion pour les destins hors normes et un regard de cinéaste : depuis plus d’un demi-siècle, Didier Decoin avait construit une œuvre où les personnages ordinaires deviennent des héros romanesques. Né en 1945, il était un écrivain, scénariste, homme de télévision et de cinéma qui avait grandi dans l’ombre des plateaux.
Fils du réalisateur Henri Decoin, il avait hérité très tôt du goût des histoires, des images et des grandes émotions. L’écrivain est décédé dans la matinée du mercredi 5 août à l’hôpital de Villejuif, dans le Val-de-Marne, “après s’être battu avec force et courage contre le cancer depuis plusieurs années”, a indiqué son fils, Julien Decoin, à l’AFP.
“Didier Decoin était un romancier qui avait une haute idée de la langue et de la littérature comme son œuvre en témoigne”, a salué, dans un communiqué, l’Académie Goncourt qu’il a présidé de 2020 à 2024 après en avoir été le secrétaire général. “Passionné par les faits divers, la mer, les jardins, homme de cinéma et de télévision, animé d’une foi profonde, il était au sein de l’Académie un lecteur attentif et un camarade d’une noble humanité.”
Membre de l’Académie depuis 1995, Didier Decoin avait annoncé, plus d’une fois, le gagnant du prix Goncourt sur les escaliers du restaurant Drouant, à Paris. En 1977, il avait lui-même décroché la prestigieuse récompense littéraire pour John l’Enfer, récit d’un homme solitaire dans l’Amérique contemporaine. Un succès qui a fait de lui l’un des écrivains français les plus reconnus de sa génération.
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, lui a rendu hommage sur X. “J’apprends avec tristesse la disparition de Didier Decoin”, écrit-elle en présentant ses condoléances “à ceux qui ont partagé son exigence, son humanité et son amour de l’écriture”.
Avant de devenir romancier, il avait été journaliste, une expérience qui avait nourri son attention aux êtres humains et aux détails du quotidien. Scénariste pour le cinéma et la télévision, il n’a durant toute sa carrière jamais cessé de faire dialoguer littérature et images.
Dans les colonnes de Livres Hebdo, le président de l’Académie Goncourt, l’écrivain Philippe Claudel, se souvient “d’un excellent camarade, un bon vivant, qui aimait les plaisirs de la vie, les havanes, et les livres… Toujours dans la curiosité, l’émerveillement devant la beauté du monde.” Et de préciser : “C’était quelqu’un de profondément gentil, bienveillant, attentif aux autres, que je n’ai jamais entendu dire du mal de quelqu’un et qui aurait voulu faire plaisir à tout le monde, ce qui n’est pas toujours facile, dans une académie.”
Pierre Assouline, qui siégeait à ses côtés, veut garder en tête “un ami merveilleux, d’une générosité et d’une gentillesse rares dans ce milieu.” Pascal Bruckner, également membre de l’Académie Goncourt évoque un “honnête homme, au sens classique du terme, curieux de la beauté du monde.” Françoise Rossinot, déléguée générale de l’Académie Goncourt, a, elle aussi, exprimé son émotion sur X : “Didier Decoin était le plus délicieux des hommes”, écrit-elle.
“Nous sommes tous en deuil de Didier”, écrit Manuel Carcassonne, éditeur de Didier Decoin chez Stock. Dans un message publié par les éditions, il confie : “Triste, je le suis amicalement à plus d’un titre. Didier était un capitaine et un styliste hors pair. Je suis fier d’avoir été à ses côtés toutes ses années d’édition et de complicité.”
“Didier Decoin était un conteur hors pair”, a également salué Jérôme Béglé, son ancien éditeur, dans un hommage publié dans Paris Match.
“Sa mort en plein été laisse une place vide dans le paysage des lettres françaises.”
Jérôme Bégléà Paris Match
L’écrivain est l’auteur d’une œuvre foisonnante, traversée par quelques obsessions : l’amour, la solitude, les voyages, la quête d’identité et la beauté fragile des existences modestes.
L’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a été parmi les premiers à saluer sa mémoire sur X : “Didier Decoin était un amoureux de la langue, du Cotentin et de la mer, un aventurier des récits qu’il nous offrit.”
L’acteur Christian Clavier se souvient, lui, de l’aide que Didier Decoin lui avait apporté lorsqu’il avait incarné Napoléon : “Il était un homme d’une grande culture et d’expérience, et sa bienveillance et ses conseils m’ont été considérablement précieux.”
Didier Decoin sera enterré face à la mer qu’il aimait tant, à Auderville, une commune du cap de La Hague, dans le Cotentin, où il possédait une maison.
Source:
www.franceinfo.fr






