Nous sommes en 1977, la France découvre la Rockcollection de Laurent Voulzy et gagne l’Eurovision avec Marie Myriam. Au cinéma, les amateurs de science-fiction découvrent une étrange histoire impliquant un Empire maléfique, des sabres laser et des robots qui font bip-bip. Et pendant ce temps, la Nasa envoie dans l’espace une sonde présentée comme incroyable pour l’humanité : Voyager 1.
Conçue pour aller explorer les planètes géantes de
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notre Système solaire
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, comme Jupiter et Saturne, elle a poursuivi sa mission bien au-delà, jusqu’à atteindre le milieu interstellaire, au-delà de l’influence de notre Étoile, le Soleil.
Les interrupteurs coupés un par un
Peu à peu, plusieurs de ses instruments ont été mis en pause ou complètement arrêtés dans l’espoir de prolonger un peu sa (déjà très longue) existence. Dernier en date : le LECP, pour Low energy charged particles instrument, mis en sommeil le 17 avril dernier pour réaliser quelques économies d’énergie.
Le LECP a pour rôle de mesurer les flux énergétiques des ions et électrons, mais il ne pouvait plus fonctionner dans de bonnes conditions sans raccourcir énormément la durée de vie de l’ensemble de la sonde.

Le même détecteur de particules à faible énergie de Voyager 2 a été désactivé l’année dernière. © Nasa, JP-Caltech
Tout cela est le fait d’une opération nommée « Big Bang », qui a pour but d’économiser au maximum les réserves d’énergie de Voyager 1, en éteignant les appareils les uns après les autres et en trouvant des alternatives pour continuer à fonctionner en consommant le moins possible.
Ainsi, ces dernières années, on a vu l’arrêt du spectromètre UVS en 2016, puis le capteur de rayons cosmiques CRS en 2025, et le LECP était le prochain sur la liste.

L’objet le plus lointain que l’humanité ait jamais lancé est réparé !
C’est la fin d’une période de crise de plusieurs mois pour la légendaire sonde spatiale de la Nasa, l’objet le plus lointain jamais envoyé par l’Humanité. Au-delà des frontières de notre Système solaire, Voyager 1 n’était plus capable de communiquer normalement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui…. Lire la suite
Désormais, la sonde n’a plus que deux instruments encore utilisés, le magnétomètre MAG, et le capteur de plasma PWS qui est déjà légèrement endommagé et ne fonctionne pas au maximum de ses capacités.
Mais il ne s’agit pas que d’éteindre les instruments. Grâce à des mises à jour effectuées à distance, la Nasa pense aussi pouvoir redistribuer l’alimentation de la sonde, afin d’optimiser sa consommation et de passer en mode « économie d’énergie ».
Une sonde inestimable pour la recherche spatiale
Les équipes de la Nasa espèrent que ces méthodes pourront donner au moins une année supplémentaire à Voyager 1. Et il en est de même pour Voyager 2, sa sonde jumelle lancée à peu près en même temps, et dont le LECP a été désactivé en mars 2025. Dans son cas également, il ne reste que le MAG et le PWS, mais aussi le CRS toujours opérationnel.

Voyager 1 aux confins de notre Système solaire. © Nasa
Autant d’efforts pour sauver des sondes vieilles de bientôt un demi-siècle peut sembler dérisoire. Mais Voyager 1 et 2 ont un attrait symbolique fort : ce sont les premiers engins créés par les humains à s’être rendus si loin dans le Système solaire. Encore aujourd’hui, les nombreuses données qu’elles ont envoyées ont permis de mieux connaître l’espace interstellaire, et par extension d’obtenir des informations sur les trous noirs et la matière noire.

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L’observation du disque de gaz et de poussière entourant Wispit 2 pourrait offrir des indices clés pour comprendre les origines de notre propre Système solaire. La découverte d’une deuxième planète et la probable existence d’une troisième donnent aux astronomes une occasion rare d’assister à la formation, en « temps réel », à la formation d’un système à plusieurs planètes…. Lire la suite
Même si, aujourd’hui, leurs instruments de mesure peuvent sembler dépassés et n’ont pas la précision des outils plus modernes à notre disposition, ces sondes restent les seules à s’être aventurées dans ces zones du Système solaire. En cela, elles resteront longtemps indépassables, car même un vaisseau extrêmement rapide envoyé aujourd’hui mettrait plusieurs décennies à les rejoindre.
Le saviez-vous ?
Sur le site de la Nasa Where are Voyager 1 and Voyager 2 Now ? vous pouvez suivre le périple des deux sondes lancées en 1977 à travers le Système solaire et connaître leur position exacte en temps réel.
Ainsi, ce 22 avril 2026, Voyager 1 est à quelque 25,4 milliards de kilomètres de la Terre et de ses concepteurs, soit 23 heures-lumière. Quant à Voyager 2, elle a déjà parcouru 21,35 milliards de kilomètres, ce qui représente 19 heures-lumière.
Dans environ 40 000 ans, Voyager 1 passera à 1,7 année-lumière de l’étoile Gliese 445, une naine rouge de la constellation de la Petite Ourse. Et Voyager 2, quant à elle, approchera l’étoile Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel terrestre, dans quelque 296 000 ans.
Source:
www.futura-sciences.com





