Imaginez un émerveillement tel qu’il ne fait pas que vous émouvoir. Il vous change, à jamais. La neuroscience évoque un effondrement des cadres mentaux habituels. Il se produit lorsque nous sommes confrontés à une expérience tellement déstabilisante qu’elle oblige notre cerveau à revoir ses cadres de compréhension. Voir notre Terre comme un simple objet lumineux, suspendu dans l’obscurité de l’espace, provoque un tel émerveillement. Selon les scientifiques, notre cerveau est alors contraint à reconstruire entièrement l’idée même que nous nous faisons de chez nous.
À peine arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 14 février 2026, Sophie Adenot a ressenti un peu de cet émerveillement : « La première fois que nous avons regardé la Terre, c’était époustouflant. Elle est tellement belle vue d’en haut, et on ne voit littéralement aucune ligne, aucune frontière. » © ESA, Nasa
Rien ne peut préparer à ça
Les astronautes du programme Apollo ont décrit cet « overview effect », cet effet de perspective.
Ceux d’Artemis II aussi. « À bord, nous avions tout, mais il nous suffisait de regarder par le hublot pour que la réalité nous rattrape brutalement », raconte Christina Koch.

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Notre Planète comme une minuscule et fragile boule de vie. « Aucun entraînement n’aurait pu nous préparer à cela. De là-haut, on ne voit ni frontières, ni lignes religieuses, ni limites politiques. On ne voit plus que la Terre et on constate que nous nous ressemblons bien plus que nous ne sommes différents. »

Une semaine après l’amerrissage dans l’océan Pacifique de la capsule Orion, le commandant d’Artemis II, Reid Wiseman, a demandé à voir un aumônier de la Marine. Une première pour lui. Lorsqu’il a aperçu la croix sur le col de l’homme d’Église, il a fondu en larmes. « Je ne suis pas vraiment croyant, mais je n’avais pas d’autre moyen d’expliquer ou de comprendre ce que j’avais vécu. » Une autre preuve de la puissance de l’effet de perspective. © Nasa
« Une conscience globale, une empathie pour l’humanité, une profonde insatisfaction face à l’état du monde et une impulsion à agir. » Ce sont les mots de l’équipage d’Artemis II. Les mêmes que ceux déjà employés il y a plus de 50 ans par les astronautes d’Apollo.

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Et il semble bien ne pas s’agir d’une euphorie passagère, mais d’un véritable recadrage cognitif qui change la façon dont notre cerveau donne un sens à notre quotidien.

« Croyez-nous, vous paraissez incroyables. Magnifiques. D’ici vous ressemblez à une seule et même entité, vous savez, Homo sapiens, c’est nous tous, peu importe d’où vous venez ou à quoi vous ressemblez, nous sommes tous un seul peuple », Victor Glover, pilote de la mission Artemis II. © Nasa
Toucher du doigt l’effet de perspective
C’est un peu de cet effet de perspective, que l’ONG OneHome s’est donné pour mission de mettre à la portée de tous. Sur son site, pas moins de 23 vidéos accessibles gratuitement. Des images renvoyées par le satellite DSCOVR de la Nasa, filmées par 1,5 million de kilomètres de la Terre et accompagnées de textes de Jane Goodall, Jean-François Clervoy ou encore John Allen.
Sur la place de la Concorde, dans une bergerie du Larzac ou dans un village pygmée au Gabon. Des projections, publiques ou privées, ont déjà été organisées dans près de 100 pays et OneHome invite chacun d’entre nous à planifier la sienne.
Objectif : l’émerveillement dans ce qu’il a de plus pur !
Source:
www.futura-sciences.com





