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La BnF consacre une grande exposition à Georges Perec à l'automne 2026

Auteur des Choses, La Disparition ou encore La Vie mode d’emploi, traduits dans de nombreuses langues, Georges Perec reste une référence dont l’influence irrigue toujours la création contemporaine — qu’il s’agisse de littérature, d’arts visuels ou de cinéma.

L’exposition entend précisément accompagner cette redécouverte en proposant bien plus qu’un hommage : un véritable parcours dans une œuvre polymorphe, à la fois ludique, expérimentale et profondément marquée par l’histoire.

Une exposition « modes d’emploi »

Pensée comme une exposition « modes d’emploi », la présentation réunit près de 300 pièces. Manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets conservés à la BnF, notamment sur le site de l’Arsenal, dialoguent pour interroger le « mythe Perec » tout en donnant accès à l’homme derrière l’œuvre. Parmi les objets exposés, une machine à écrire ou un vélo côtoient tapuscrits et archives, dans un dispositif qui tisse un lien direct avec le visiteur.

La trajectoire de Perec, indissociable de son écriture, occupe une place centrale. Né en 1936, il perd son père en 1940, tué au début de la Seconde Guerre mondiale, puis sa mère, déportée et assassinée à Auschwitz en 1943. Lui-même vit l’Occupation comme « enfant caché » dans le Vercors.

Après des débuts difficiles, il connaît une première reconnaissance avec Les Choses en 1965, avant un retour au premier plan en 1978 avec La Vie mode d’emploi. Mort prématurément à 46 ans, Perec n’a cessé depuis de gagner en importance, jusqu’à son entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade en 2017.

Six espaces pour une œuvre totale

Le parcours de l’exposition se déploie en six espaces, conçus comme les voyelles de l’alphabet — A, E, I, O, U, Y — chacun proposant une entrée spécifique dans l’œuvre.

L’espace A ouvre sur la diversité d’une œuvre en formation, à travers les tentatives de jeunesse et les premières publications, dont Les Choses (prix Renaudot 1965) ou Un homme qui dort, adapté au cinéma par Bernard Queysanne en 1974.

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L’espace E, construit en creux, fait écho à La Disparition, roman écrit sans la lettre « e ». Ce dispositif explore la notion d’absence, centrale chez Perec, et esquisse un portrait indirect de l’écrivain.

L’espace I met en lumière le rôle des contraintes formelles dans son écriture — contraintes héritées de son engagement au sein de l’Oulipo, fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais. Romans et poèmes, de La Disparition à Alphabets, y témoignent d’un usage libératoire de la règle.

L’espace O s’attache aux objets et aux gestes du quotidien, à cette attention aux choses communes qui traverse des textes comme Je me souviens ou Espèces d’espaces, et qui invite le lecteur à prolonger lui-même l’expérience.

L’espace U est consacré à La Vie mode d’emploi (Prix Médicis 1978), chef-d’œuvre construit à partir de contraintes complexes. Les manuscrits préparatoires en révèlent les coulisses et la mécanique.

Enfin, l’espace Y aborde la dimension la plus intime de l’œuvre, où la littérature apparaît comme une tentative de réparation face aux traumatismes — notamment dans W ou le souvenir d’enfance ou Récits d’Ellis Island.

Dialogues entre Perec et contemporains

L’exposition souligne également l’influence durable de Perec sur les artistes contemporains. Des œuvres de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara ou Roman Opalka sont présentées, aux côtés de maquettes, broderies ou dessins, tandis que des extraits de films rappellent son implication dans le cinéma. Le parcours révèle aussi un aspect moins connu : le travail graphique de Perec lui-même, en tant que dessinateur et peintre.

En parallèle, une exposition annexe, intitulée « Le vrai du faux », sera proposée gratuitement à la bibliothèque de l’Arsenal, où sont conservées les archives de l’écrivain depuis 1984. Elle interrogera la figure du faussaire, récurrente dans son œuvre, et ses jeux de trompe-l’œil.

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Le commissariat est assuré par Claire Lesage, conservatrice à la bibliothèque de l’Arsenal (BnF), et Jean-Luc Joly, président de l’Association Georges Perec.

Crédits photo : Georges Perec au Moulin d’Andé, 1969, Photo : Gérald Bloncourt / Bridgeman Images (BnF)

 

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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