Un jury civil fédéral a déclaré, mercredi 15 avril, Live Nation, la maison mère de Ticketmaster, coupable de monopole illégal en violation de lois antitrust américaines, au terme d’un procès-fleuve à New York. Le géant mondial de la promotion de concerts et de la billetterie avait conclu, début mars, un accord à l’amiable avec le ministère de la justice américain qui s’était retiré des poursuites, mais trente-quatre Etats américains ont décidé de continuer le procès contre l’entreprise.
Après ce jugement, le juge chargé de l’affaire, Arun Subramanian, devra désormais fixer les réparations dans une procédure séparée, qui pourrait aller jusqu’au démantèlement du groupe et à la cession de Ticketmaster. Selon les médias américains, le jury a estimé que Ticketmaster avait surfacturé ses clients de 1,72 dollar (1,46 euro) par billet vendu. Le montant total des dommages sera fixé par le magistrat dans les prochains jours.
Live Nation avait racheté Ticketmaster en 2010 avec l’aval du ministère de la justice, sous conditions. Le groupe est depuis accusé d’abuser de sa position dominante sur les marchés de l’organisation de spectacles et de la billetterie.
Mainmise de Ticketmaster sur le marché américain
Le procès, intenté à l’origine par le ministère et quarante Etats, avait débuté en mars à New York avant que l’accord amiable soit conclu après une semaine d’audience : Live Nation acceptait notamment de verser 280 millions de dollars (237 millions d’euros) de dommages et intérêts et de vendre treize salles. Mais une majorité d’Etats avait rejeté ces termes et poursuivi le procès.
« Face au recul de l’application des lois antitrust par l’administration Trump, ce jugement montre jusqu’où les Etats peuvent aller pour protéger nos citoyens des grandes entreprises qui utilisent leur pouvoir pour augmenter illégalement les prix et escroquer les Américains », a réagi le procureur général de Californie, l’élu démocrate Rob Bonta.
A l’audience, le patron d’AEG Presents, principal concurrent de Live Nation, avait déclaré que les frais moyens sur la vente d’un billet de concert atteignent 25 % du prix facial aux Etats-Unis, contre 15 % en Europe, une différence qu’il attribuait à la mainmise de Ticketmaster sur le marché américain.
Source:
www.lemonde.fr




