« L’Europe est le dommage collatéral de cette guerre commerciale, et cette situation nous est insupportable. » Le ton est grave, presque solennel. Ce mardi 14 avril, au vingtième étage d’une tour, à deux pas de l’ambassade américaine à Pékin, Jens Eskelund, président de la Chambre de commerce européenne en Chine, a retiré sa lourde montre, l’a posée devant lui et a lancé un diaporama détaillant l’ampleur des outils chinois de contrôle à l’export qui pèsent actuellement sur les entreprises européennes. « Nous avons mené une enquête parmi nos membres concernés par les contrôles. Cela va de la ceinture de sécurité au simple casque audio. Les éléments de terres rares font partie de notre quotidien. Ils sont partout, à part dans l’alimentaire, évidemment. »
La Chine a considérablement durci, en 2025, son régime de contrôle des exportations de terres rares, en réponse à l’escalade des droits de douane américains. Dans un nouveau rapport intitulé « Contrôle des exportations : la nouvelle boîte à outils stratégique de la Chine », les entreprises européennes présentes en Chine et dont la chaîne d’approvisionnement inclut des terres rares et autres minéraux précieux comme le graphite, indispensable aux batteries, expriment un ras-le-bol face aux contrôles intempestifs préalables à leurs exportations qui, à cause des délais, peuvent perturber fortement leurs activités et, in fine, leur compétitivité.
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Source:
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