Deux jeunes militaires avaient disparu en 2022 et 2023 dans le Var après avoir été hébergés par une même famille. Six de ses membres ont été mis en examen en mai, tandis que des ossements appartenant aux deux soldats ont été retrouvés.
Publié le 30/07/2026 06:03
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Qu’est-il arrivé à ces soldats ultramarins ? La mystérieuse disparition de deux militaires dans le Var en 2022 et 2023 est en passe d’être élucidée. L’affaire, qui n’avait pas été médiatisée à l’époque, a connu des avancées spectaculaires ces dernières semaines.
Jacques Pakeso, né en 1997 et originaire de Nouméa (Nouvelle-Calédonie), avait disparu en mai 2022 alors qu’il effectuait ses classes au sein de la marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer (Var). Angoissé de ne plus avoir de signe de vie du jeune homme, son frère dit s’être rendu dans l’Hexagone « quelques mois après sa disparition » pour « signaler son inquiétude » auprès de la gendarmerie maritime à la base navale de Toulon, mais n’avoir « pas été pris au sérieux ».
Un an plus tard, en mai 2023, c’est au tour d’un autre militaire, Mike Gineste, né en 1988 à Papeete (Polynésie française), de s’évaporer. Sa famille reste sans nouvelles. Et du côté de l’armée, l’inquiétude ne semble pas de mise : il est « considéré comme déserteur malgré d’excellents états de service et alors qu’il venait de renouveler son contrat », relate le parquet de Toulon.
L’enquête va mettre plusieurs années à aboutir. Selon le procureur de Toulon, Raphaël Balland, qui s’est exprimé pour la première fois dans cette affaire le 1er juillet, les « nombreuses investigations » menées ont permis de faire le lien entre ces deux disparitions inquiétantes et d’orienter les soupçons vers une famille ayant hébergé les deux soldats. Franceinfo fait le point sur l’enquête.
Six membres d’une même famille mis en examen
Le 29 mai, après 96 heures de garde à vue, six membres d’une même famille – les parents, leurs deux filles et leurs deux fils – sont mis en examen. Trois d’entre eux – la mère et ses fils – sont poursuivis pour les meurtres des deux militaires. Ils sont également accusés, comme le père et l’une des filles, de traite des êtres humains et de séquestrations en bande organisée. Les cinq sont alors placés en détention provisoire. La plus jeune des filles du couple est pour sa part mise en examen uniquement pour non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire.
L’enquête a établi que cette famille avait hébergé, entre 2011 et 2023, d’autres jeunes militaires eux aussi originaires d’outre-mer. Selon les informations communiquées par le procureur de Toulon, sept d’entre eux ont affirmé aux enquêteurs avoir été « progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, violentés et séquestrés ».
La famille suspectée réside dans le Var « depuis de nombreuses années » et a elle aussi des liens avec l’outre-mer, la mère étant originaire de Nouméa et le père du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna. Selon les informations de Var-matin, les « indications d’un des fils » du couple ont permis de retrouver des ossements appartenant aux deux militaires.
Toujours selon Var-matin, la famille mise en cause, dont le père est un ancien militaire, avait pris l’habitude « d’alimenter » en alcool et nourriture des soirées dans lesquelles des jeunes originaires d’outre-mer avaient l’habitude de se rendre. Selon un témoin cité par le journal, « ils utilisaient nos coutumes, ils parlaient de religion et montraient une forme de générosité », en proposant par exemple leur hospitalité.
Des ossements appartenant aux deux soldats
Concomitamment à la mise en examen de la famille, des ossements « susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus » ont été découverts « fin mai » 2026 sur deux zones distinctes dans les Bouches-du-Rhône. La justice n’a pas communiqué sur les circonstances de ces découvertes, ni sur leur localisation exacte.
Le 27 juillet, soit deux mois après la découverte des ossements, les expertises diligentées par le magistrat instructeur et les prélèvements ADN ont confirmé qu’ils « correspondent » bien aux deux militaires ultramarins.
Un appel à témoins pour identifier d’éventuelles autres disparitions
Un appel à témoins a été lancé le 20 juillet par le parquet de Toulon afin de déterminer si d’autres personnes ont pu être victimes dans cette affaire. Le procureur précise que cette démarche vise à rechercher « d’éventuelles autres disparitions » de personnes originaires des îles pacifiques alors qu’elles séjournaient, comme les deux soldats disparus, dans le Var, au cours de ces dernières années. Le cas échéant, le parquet appelle les éventuels témoins à adresser un mail à la section de recherches de la gendarmerie maritime, à cette adresse : sr************@**********************uv.fr
Selon Raphaël Balland, les investigations se poursuivent « afin de déterminer les circonstances précises dans lesquelles [les deux militaires] ont trouvé la mort ». Les membres de la famille mis en examen et placés en détention provisoire n’ont pas encore fait l’objet d’un interrogatoire approfondi par le magistrat chargé de l’instruction, a précisé le procureur à franceinfo.
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