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"Il est possible qu'un candidat héritier de l'immigration soit président" : maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko voit émerger une nouvelle génération à gauche

Élu dès le premier tour à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko a créé la surprise en faisant basculer la deuxième plus grande ville d’Île-de-France vers LFI. Le nouveau maire revient sur les clés de cette victoire, les attaques racistes qu’il subit et son rôle au sein du mouvement.


Publié le 29/07/2026 10:12

Temps de lecture : 2min

Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, prononce un discours lors d’un rassemblement marquant le lancement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle pour le parti de gauche La France insoumise (LFI), sur la place Jean-Jaurès à Saint-Denis, le 7 juin 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le 11 mars 2026, l’insoumis Bally Bagayoko remporte dès le premier tour l’élection municipale de Saint-Denis face au maire socialiste sortant. Depuis, LFI dirige la deuxième plus grande ville d’Île de France après Paris. Une victoire qu’il attribue à une campagne menée très tôt et à une stratégie de proximité avec les habitants.

« Pour reconstruire de la rassurance collective auprès de la population, il fallait du temps. Une autre stratégie que l’on a mise en place, c’est la question de la proximité. Nous, nous sommes pour aller vers les quartiers populaires. Ce sont les enfants, ce sont les jeunes de nos cousins, de nos cousines », explique le nouveau maire.

Avec sa victoire, Bally Bagayoko passe brusquement de l’anonymat à la lumière et enchaîne les passages dans les médias. Mais il explique que cette exposition s’accompagne aussi d’attaques racistes : « C’est un changement qui, au départ peut être un peu étonnant parce qu’en réalité, je deviens quelqu’un d’identifié, parce que je subis d’abord des propos racistes. Quel que soit notre rang dans la société, à partir du moment où vous êtes héritier ou héritière de l’immigration, alors le sceau du racisme se présentera à vous. Vous ne savez pas quand, mais c’est une certitude. » Quelques minutes après son élection, les attaques de l’extrême droite commencent.

« Ça prend une telle dimension parce qu’il y a désormais un maire héritier de l’immigration issu de ces quartiers populaires, qui n’est pas la norme traditionnelle du pouvoir. »

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis

franceinfo

Au sein de La France insoumise, Bally Bagayoko entend désormais jouer un rôle plus important, notamment sur les questions de lutte contre le racisme et des quartiers populaires. Il reconnaît toutefois que son mouvement doit encore mieux représenter les Français issus de l’immigration. « Est-ce que c’est suffisant ? Non, et c’est la raison pour laquelle il y a des profils comme moi qui vont rentrer davantage dans la dynamique du mouvement et que nous espérons, bien sûr, que de jeunes générations viendront renforcer cette dynamique. »

Concernant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, le maire de Saint-Denis affirme vouloir « s’impliquer personnellement sur des fondamentaux que je connais : c’est-à-dire la question de la lutte antiraciste, la question des quartiers populaires, avec la question principale qui tourne autour de l’accès aux droits. »

Interrogé sur son avenir politique, Bally Bagayoko assure ne nourrir aucune ambition personnelle au-delà de son mandat de maire. Et ce, même si son statut au sein de LFI a changé. « Il n’y a pas de projection sur des sièges ministériels, voire même être candidat à l’élection présidentielle. La seule ambition que j’aie, c’est de tout faire pour que nous puissions gagner face à l’extrême droite. »

Alors que Jean-Luc Mélenchon mène, a priori, sa dernière campagne présidentielle. Le maire de Saint-Denis estime néanmoins que LFI est désormais prête à avoir un candidat ou une candidate issu(e) de l’immigration. « Je pense qu’il est parfaitement possible qu’un héritier ou une héritière de l’immigration soit en capacité notamment d’être candidat, mais peut-être même d’être président de la République. La population aujourd’hui n’est pas une population communautarisée. Elle est absolument très pragmatique et regarde les éléments programmatiques indépendamment de la couleur de peau de celles et ceux qui l’incarnent. »


Source:

www.franceinfo.fr

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