Pour lutter contre les incendies qui ravagent la Gironde, plusieurs pays européens ont envoyé avions et hélicoptères en renfort. Une solidarité organisée par l’Union européenne, loin des critiques qui visent régulièrement Bruxelles.
Publié le 29/07/2026 07:55
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Alors que les incendies continuent de mobiliser, mercredi 29 juillet, d’importants moyens en Gironde et que les débats se poursuivent sur les budgets alloués à la sécurité civile et aux pompiers, un acteur de la lutte contre les flammes fait largement consensus : l’aide apportée par les voisins européens. Depuis près d’une semaine, plusieurs pays sont venus renforcer les moyens français pour tenter de maîtriser les incendies.
Vous avez sans doute entendu parler de ces avions et hélicoptères croates, tchèques, suédois ou portugais venus renforcer nos Canadair pour tenter de venir à bout des incendies en Gironde. Au total, huit pays et une douzaine d’appareils sont mobilisés depuis ce week-end sur le territoire français. C’est le fruit d’un mécanisme de solidarité européen, créé il y a 25 ans, qui permet à chaque État membre de solliciter l’aide de ses voisins en cas de catastrophe. Un dispositif enclenché par Emmanuel Macron vendredi 24 juillet, lorsque le feu est devenu incontrôlable dans le Sud-Ouest.
Ce mécanisme de protection civile de l’Union européenne est utilisé de plus en plus fréquemment. Il dispose de sa propre flotte : 23 avions et hélicoptères bombardiers d’eau stationnés dans plusieurs pays européens et mobilisables à tout moment pour venir en aide à un État en crise. Longtemps, la France a aidé ses voisins. Aujourd’hui, c’est elle qui bénéficie de leur soutien. Rien que cet été, Paris a déjà fait appel à six reprises à ses partenaires européens.
Cette solidarité européenne devrait réconcilier les partis eurosceptiques avec la Commission européenne, car elle est régulièrement accusée de tous les maux par les partis souverainistes, le Rassemblement national en tête, qui coordonne les demandes d’assistance entre les États membres. Bien entendu, chaque pays n’envoie des avions que s’il en a la possibilité, c’est-à-dire s’il n’est pas lui-même confronté à un incendie majeur. C’est ce qui est arrivé à l’Espagne ces derniers jours, qui n’a pas pu déployer d’appareils en France. Il n’y a donc aucune perte de souveraineté : chaque État conserve le contrôle de ses moyens.
Ce mécanisme est un exemple concret de ce qu’une Europe à 27 apporte à chacun de ses États membres, au-delà des caricatures. Je ne vais pas dresser la liste de tous ses apports : un marché unique, une monnaie commune, des aides sectorielles, notamment pour les agriculteurs, ou encore un poids accru sur la scène internationale, et donc une meilleure protection face aux catastrophes. C’est aussi à cela que sert la contribution de la France au budget de l’Union européenne : mutualiser des moyens de secours pour être plus efficace sur le terrain. Les candidats à l’élection présidentielle s’en souviendront-ils en 2027? Mi-juin, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, annonçait que, si son parti arrivait à l’Élysée, il diviserait par deux la participation de la France au financement de l’Union européenne.
Source:
www.franceinfo.fr






