Ces habitants soutiennent que la commune a été abandonnée face au feu, avec un résultat catastrophique puisque près de 200 maisons ont été détruites. Leur avocat annonce à franceinfo qu’il « y aura sûrement un dépôt de plainte pénale » et « sans doute aussi des actions sur les plans administratif et civil ».
Publié le 28/07/2026 16:58
Mis à jour le 28/07/2026 17:44
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Après la sidération, la colère. Un collectif d’habitants du Porge, commune ravagée par le mégafeu qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde, s’est constitué afin d’engager une démarche judiciaire dans le but d’établir les responsabilités dans ce drame, a appris franceinfo, mardi 28 juillet. Sur le groupe WhatsApp qu’ils ont créé, ils sont déjà plus de 500 personnes. A la manœuvre notamment, Ludivine Daurignac, une habitante qui a vu sa maison réduite en cendres.
« Notre objectif est simple : obtenir des réponses concrètes, faire toute la lumière sur les événements et obtenir la réparation des préjudices subis », écrit-elle sur Facebook à l’intention des autres sinistrés. « On va viser toutes les personnes responsables de cette conséquence dramatique », précise-t-elle à franceinfo. « On s’est vraiment sentis laissés à l’abandon », ajoute-t-elle, affirmant avec d’autres n’avoir reçu « aucun SMS d’alerte ».
Sollicité par le collectif, l’avocat bordelais Sylvain Galinat a été chargé de constituer le dossier. « On cherche les qualifications juridiques (…). Il y aura sûrement un dépôt de plainte pénale, c’est évident. Il y aura sans doute aussi des actions sur les plans administratif et civil », annonce-t-il à franceinfo. « La détermination » de ces habitants « est claire », « la mienne aussi ».
De nombreux habitants interrogés par franceinfo et différents médias estiment que les moyens ont cruellement manqué pour faire face à l’incendie qui a complètement détruit 185 maisons, selon le décompte de la mairie de cette commune de 3 400 habitants, en particulier dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet. Certains affirment même que ces moyens ont été détournés au profit de la défense du Cap-Ferret et de ses luxueuses villas. « Le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île [du Cap-Ferret] », assure Delphine, dont la maison a été brûlée au niveau de la route des Lacs. « On a été totalement abandonnés au niveau du système d’évacuation », renchérit Emilie, qui a elle aussi perdu sa maison dans le même quartier.
« Je vais me renseigner pour rejoindre ce collectif pour porter plainte car de vraies fautes graves ont été commises », estime Alexis, qui accuse les autorités de n’avoir « pas mis les moyens qu’il fallait » et d’avoir « priorisé d’autres secteurs ». Cet habitant du Porge assure avoir défendu sa commune avec quelques amis et avoir sauvé avec eux une quarantaine de maisons sur la route qui mène à Lège-Cap-Ferret.
Jean-Luc Lesueur, gestionnaire de la forêt communale du Porge, a lui aussi été de la bataille contre l’incendie. « Quand le mur [de feu] est venu sur l’avenue du bassin d’Arcachon, on n’avait aucun moyen des pompiers, il n’y avait que le fourgon et l’unité du Porge », assure cet ancien pompier volontaire à franceinfo. « On s’est un peu retrouvés seuls parce qu’on a eu l’impression que Le Ferret avait une espèce de priorité et que nous, on n’existait plus », avait affirmé, dans le journal de 20 heures de France 2, dimanche, Nathalie Augonnet, habitante mais aussi adjointe au maire. Interrogé par France Télévisions, Martial Zaninetti, maire sans étiquette du Porge, « refuse de polémiquer sur ces questions ».
Contactés, les sapeurs-pompiers de Gironde et la préfecture du département assurent qu’ils se concentrent sur « l’opérationnel », à savoir la lutte contre l’incendie, avec « la préservation des vies humaines et des territoires encore menacés ». La préfète de Gironde est allée échanger lundi après-midi avec le maire et les élus du Porge. « Elle a rencontré également des bénévoles de la défense des forêts contre l’incendie, qui ont évoqué, de manière très directe, les choix stratégiques qui avaient pu être faits », ajoute la préfecture, sans plus de précisions. « La priorité, c’est l’opérationnel et de fixer ce feu, appuie une source gouvernementale. Nous insistons sur le fait qu’il y a eu zéro mort civil. Le temps du retour d’expérience viendra. »
Source:
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