Le texte du député UDR, qui comporte 69 recommandations, a été rendu public mardi. Un document de 551 pages qui décrit un audiovisuel public en « crise financière » et des journalistes « militants ».
Publié le 05/05/2026 19:45
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Après six mois de travaux parlementaires marqués par de nombreux incidents et polémiques, les 551 pages du rapport de la commission d’enquête sur la « neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », ont été mises en ligne mardi 5 mai sur le site de l’Assemblée nationale. Suppression de France 4, fusion de France 2 et France 5, et de franceinfo avec France 24… Le rapporteur Charles Alloncle formule 69 recommandations visant à réduire d’un quart le budget de Radio France et France Télévisions.
Le député UDR accompagne ces propositions d’une critique parfois virulente des méthodes des journalistes de l’audiovisuel public. Deux thématiques concentrent ses critiques : un soi-disant parti pris idéologique et une gestion financière qu’il juge calamiteuse.
Charles-Henri Alloncle dit faire le constat « d’une perméabilité de l’audiovisuel public à des logiques militantes ». Mais aucune étude ou données objectives ne viennent étayer cette accusation. Au sujet du traitement de l’actualité environnementale sur les antennes du service public, par exemple, le rapporteur s’appuie essentiellement sur l’avis de François de Rugy, ancien ministre de l’Écologie, et de Géraldine Woessner, journaliste au Point, spécialiste des questions d’environnement et d’agriculture. « Entendus le 24 mars 2026, ils ont tous deux décrit un traitement de l’écologie qui, selon eux, tend de plus en plus à subordonner la rigueur scientifique à un récit préétabli », écrit le rapporteur.
Le rapport cite un seul exemple devant illustrer ce supposé manque de rigueur scientifique : celui du « glyphotest » mené dans le cadre d’un épisode d' »Envoyé spécial » diffusé le 17 janvier 2019. Plusieurs tests urinaires ont été réalisés sur des personnalités, dont Julie Gayet, afin de mesurer la présence de glyphosate dans leur organisme. « Le taux relevé chez Mme Julie Gayet (1,26 microgramme par litre) a été présenté à l’antenne comme ‘énorme’, alors même que plusieurs analyses ont souligné qu’il demeurait très éloigné des seuils sanitaires construits à partir des références toxicologiques retenues par les autorités compétentes », regrette le rapporteur.
Dans son rapport, Charles Alloncle pointe du doigt une série d’émissions télé dont il affirme que « la ligne éditoriale laisse vraisemblablement plus de place à la charge politique qu’aux faits ». Parmi elles, « Complément d’enquête » : le magazine de France 2, accusé d’être trop dure avec Jordan Bardella et trop tendre avec Jean-Luc Mélenchon. Pour illustrer ce deux poids, deux mesures, le rapporteur cite l’audition de Jacques Cardoze, ancien présentateur de l’émission.
Ce dernier, interrogé sur la place réservée à La France insoumise dans la production de « Complément d’enquête », déclare : « On a évoqué cette question-là à plusieurs reprises et ce qui m’a choqué, c’est d’entendre de la part d’une journaliste qu’il n’en était pas question parce que La France insoumise faisait partie de ceux qui donnaient des dossiers à l’émission et qu’on n’allait pas aller à l’encontre de nos intérêts ».
Pourtant, en consultant la liste des enquêtes diffusées dans ce programme depuis 2001, franceinfo a identifié deux épisodes consacrés à des figures de LFI : Sophia Chikirou, la dame de piques de Jean-Luc Mélenchon (2023) et Jean-Luc Mélenchon : la lutte finale ? (2025).
Le rapport reprend un chiffre très cher à Charles-Henri Alloncle : 4 milliards d’euros. Il s’agit du budget annuel de l’ensemble de l’audiovisuel public. Le rapporteur de la commission compare cette somme à d’autres dépenses publiques de secteurs totalement différents. Ainsi, il met en parallèle ce budget avec celui, 19 fois moindre, de la sécurité civile consacré notamment à la commande de deux nouveaux Canadair.
Sur la question des finances, Charles Alloncle aurait pu par exemple comparer le coût de l’audiovisuel public français avec celui de nos voisins, de tailles comparables. En Allemagne, l’ARD-ZDF fonctionne avec un budget de 9 à 10 milliards d’euros par an. Au Royaume Uni, le budget de la BBC est de 5 milliards d’euros annuels.
En France, si on rapporte cette somme au coût par habitant, cela représente 57 euros par Français et par an, contre 120 euros pour un Allemand et 87 euros pour un Britannique.
Source:
www.franceinfo.fr





