Lors de l’annonce de la construction du futur porte-avions France Libre, certains ont estimé que c’était un gâchis de moyens en expliquant qu’un porte-avions est inutile puisqu’un seul missile hypersonique peut le couler. Cet argument, plutôt simpliste, a donné lieu à des discussions musclées.
Un porte-avion bénéficie d’une large escorte et s’il est une cible de choix, c’est aussi une base aérienne mobile. En outre, ce que l’on appelle missile hypersonique n’est pas forcément invincible. En phase terminale, l’engin doit ralentir pour frapper avec précision sa cible et celle-ci a l’avantage d’être manœuvrante.
Reste qu’il est nécessaire d’intercepter l’ensemble des menaces approchant un porte-avions, car oui, ce type de navire reste vulnérable.
Comme l’opération américaine contre l’Iran le montre, les nuées de drones « rustiques » comme les Shahed sont difficiles et onéreuses à neutraliser. La solution ? Futura l’évoque régulièrement : le canon laser. De nombreux pays expérimentent ces armes qui viennent griller un drone ou un missile. La France mène ses propres tests et les États-Unis évaluent différents types de canons laser.
Tags :
tech
Ce canon laser peut abattre des drones à 650 km/h : une première qui change la défense européenne !
Lire l’article
Pour la première fois, c’est une arme de ce type qui a été embarquée sur un porte-avions américain. Ainsi, la Navy a réalisé l’essai du système d’arme laser Locust (LWS) d’AeroVironment à bord du porte-avions nucléaire USS George H.W. Bush. Lors de ces essais, le taux de destruction d’essaims de petits drones atteignait les 100 %.
Il fait mouche à chaque tir
Par rapport à d’autres modèles, le Locust cumule plusieurs avantages. La plupart des armes laser ou à énergie dirigée sont statiques, c’est-à-dire qu’il est nécessaire de les implanter, comme une tourelle de canon sur un navire. Leur avantage : elles sont capables de délivrer plusieurs mégawatts de puissance pour pouvoir neutraliser de grands drones ou des missiles. De fait, elles doivent être alimentées en énergie par le bateau et restent volumineuses.
De son côté, le laser Locust n’est pas fixe. L’armement peut être monté sur un véhicule terrestre de taille contenue, posé à même le sol, ou placé sur le pont d’un navire.
Vidéo de présentation du système d’arme laser Locust. © BlueHallo
Le système porte l’appellation de « laser à haute énergie palettisé (P-HEL) ». Le terme « palettisé » signifie qu’il est monté sur une plateforme palettisée, c’est-à-dire modulaire et transportable. Le Locust est donc relativement compact et l’ensemble loge dans un conteneur. Il pèse autour d’1,5 tonne. Il a l’avantage d’être opérationnel en seulement 15 minutes après sa mise sous tension.
Autre atout : il peut aussi bien être alimenté par le réseau électrique du navire ou par une batterie interne. Enfin, l’engin est simple à utiliser, il se contrôle via une interface intuitive qui ressemble à une manette de console de jeu.
Une manette de jeu pour le contrôler
D’après AeroVironment, les marins peuvent acquérir sa maîtrise complète après moins d’une heure de formation. Le canon peut pivoter sur 360° et il intègre une intelligence artificielle pour détecter, classer et cibler automatiquement les menaces.
Au niveau du tir, le canon laser dispose d’une puissance maximale de 35 kW, ce qui le destine essentiellement à la neutralisation de petits drones. Il concentre son faisceau sur un point de moins de 0,5 cm de diamètre sur sa cible. Lors des tests, il a fait mouche à chaque tir. Seule limite, l’engin ne peut gérer que jusqu’à trois cibles simultanément et il doit les abattre une par une.

Ce drone français imperméable aux brouilleurs terrorise les Shahed et les forces russes en Ukraine
C’est devenu la terreur des cieux pour les bases logistiques russes. Le Rôdeur 330 est un drone suicide « made in France » qui résiste aux systèmes de brouillage et reste précis pour frapper sa cible. L’Ukraine l’a adopté et le produit désormais sur place…. Lire la suite
Ce test a également permis de confirmer la capacité du système à résister au brouillard salin et à l’humidité. Il a aussi pu prouver qu’il parvient à compenser les navires lors de son suivi de cible et son tir.
Reste à savoir à quoi peut servir une arme dédiée aux seuls mini-drones sur un porte-avions. Clairement, à rien une fois en mer, car ces drones ne représentent qu’une menace négligeable. En revanche, lorsque le navire est à quai, cela permet de « nettoyer » le ciel de la présence de ce type d’intrus utilisés pour nuire, intimider et observer.
Source:
www.futura-sciences.com





