La Turquie commençait tout juste à temporiser sa spirale inflationniste, montée à plus de 75% sur un an en mai 2024. En avril, les prix à la consommation sont repartis à +4,2%, contre +1,9% en mars, alimentés par la hausse des prix du logement, de l’eau, de l’électricité, du gaz et des autres combustibles.
La guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis va-t-elle mettre à mal la décélération de l’inflation turque? Les dernières données du mois d’avril montrent une légère reprise des prix, à 32,4% sur un an, contre 30,9% en mars, et alors que ces derniers étaient revenus sous la barre des 32% depuis novembre 2025.
Selon les données de l’institut statistique turc (Tüik), publiées ce lundi 4 mai, les prix à la consommation ont gagné 4,2% sur le mois d’avril (contre 1,9% en mars), alimentés en particulier par les hausses des prix des logements, de l’eau, de l’électricité, du gaz et des autres combustibles (+8%). À Instabul, capitale économique du pays, l’inflation s’est élevée à 36,9% sur les douze derniers mois. Plus spécifiquement, à l’échelle nationale, la flambée des prix a porté particulièrement sur l’éducation (+50,6% sur un an), les dépenses de logement incluant les factures d’énergie (+46,6%), les transports (+35,1%) et l’alimentation (+34,6%), indique l’institut turc.
Cette nouvelle hausse vient trancher avec la dynamique des derniers mois. La Turquie commençait en effet à freiner sa spirale inflationniste, l’ayant conduit à des pics en octobre 2022 (à 85,51% d’inflation sur un an) et en mai 2024 (à 75,45%). Le pays n’a pas connu d’inflation sous les 30% depuis novembre 2021.
Ces chiffres officiels sont néanmoins contestés par un groupe d’économistes (Enag), qui estiment que la hausse des prix à la consommation a atteint 53,4% en février et 54,62% en mars sur l’année.
Cette situation est en partie imputable à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières à l’international, en lien avec la guerre au Moyen-Orient. Fin avril, le ministre du Trésor et des Finances turc, Mehmet Simsek, avait jugé la situation « difficile mais gérable », alors que le pays dépend en grande partie des importations énergétiques, notamment en provenance de Russie.
« Nous avons une faible exposition directe au détroit d’Ormuz […] La plupart de [nos importations de] pétrole et gaz arrivent par oléoducs ou de pays qui ne sont pas concernés par le détroit. Par conséquent, la sécurité de l’approvisionnement énergétique n’est pas en jeu », a-t-il assuré.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a toutefois reconnu qu’en raison de la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, « l’inflation sera d’environ 3% plus élevée par rapport à notre scénario de base », estimant cela « gérable ». En mars, le gouvernement avait déjà relevé ses prévisions, estimant que l’inflation se situerait entre 15 et 21% à la fin de l’année, contre 13 à 19% initialement.
Le ministre du Trésor a, en revanche, vanté la situation économique du pays, citant un « déficit budgétaire à 2,9% du PIB, ce qui nous donne la capacité de réagir, ainsi qu’une dette juste en dessous de 24% du PIB ».
Résultat, les prix à la consommation restent très élevés. D’après ce reportage réalisé fin février par France Info, avant le début de la guerre au Moyen-Orient et en pleine période de ramadan, le pain pita avait augmenté de 23%, tandis que certains produits alimentaires comme les dattes ou le poulet étaient devenus inabordables.
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