Aux curieux qui viennent lui demander, à la fin des enregistrements en public du « Jeu des 1 000 euros », si son métier consiste « uniquement » à faire ding ding, Yann Pailleret répond oui, souvent. Sornettes, évidemment ! Celui qui égrène musicalement les secondes sur un métallophone aux lames usagées, du lundi au vendredi sur France Inter, a mille autres chats à fouetter en tournée : se coordonner avec les communes d’accueil, réserver les chambres d’hôtel, conduire la voiture de location, payer les vainqueurs de Banco et de Super Banco (par virement bancaire), sans oublier de monter la bande magnétique, sitôt rentré à Paris.
Son titre de « réalisateur » n’est pas usurpé. Encore moins son statut de « mémoire vivante » du doyen des jeux radiophoniques. Aux manettes depuis 1990, Yann Pailleret a connu trois animateurs différents : Lucien Jeunesse, Louis Bozon et Nicolas Stoufflet, avec qui il fait équipe depuis dix-huit ans.
Rien ne prédestinait ce long échalas pince-sans-rire à jouer de la mailloche devant des retraités de l’éducation nationale séchant sur le nom de la capitale du Suriname. Plus jeune, rêvant de cinéma, il devient projectionniste au Vésinet (Yvelines), « pour voir les films à l’œil », et fait de la figuration « dans deux ou trois Mocky ». Vient son heure de gloire : un petit rôle dans Trois places pour le 26 (1988), de Jacques Demy, où son temps de présence à l’écran ne dépassera pas « deux secondes et demie ».
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