L’étude internationale, à laquelle a pris part l’Inrae, l’institut national de la recherche agronomique en France, a été publiée dans la revue « Nature Medicine ».
Publié le 20/04/2026 21:49
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Une équipe internationale dirigée par l’University College of London au Royaume-Uni, avec l’implication de l’Inrae, institut national de la recherche agronomique en France, « a découvert et caractérisé des altérations du microbiote intestinal spécifiques à la maladie de Parkinson », rapporte lundi 20 avril France Inter. Une analyse poussée du microbiote a permis de repérer la maladie de Parkinson avant même qu’elle ne se déclare. L’étude a été publiée dans la revue Nature Medicine. Elle « montre une altération du microbiote intestinal progressive et spécifique de la maladie de Parkinson ». Ces résultats « ouvrent la voie au développement de tests pour identifier les individus les plus à risque de développer la maladie par l’analyse de leur microbiote intestinal », expliquent les chercheurs.
Ils ont analysé des échantillons de matière fécale en provenance d’Italie, de la Turquie, du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Corée du Sud. Selon ces résultats, l’ensemble des patients atteints de la maladie de Parkinson présentent des altérations de leur microbiote. Elles sont quinze fois plus sévères chez les patients en stade avancé. Autre enseignement pour les individus ayant une prédisposition génétique, mais chez qui la maladie n’est pas encore déclarée, des perturbations du microbiote sont également observées. « Cela indiquerait que potentiellement, il y a une sorte de progression dans l’altération du microbiote. Plus on a un microbiote altéré, plus on augmente le fait de potentiellement basculer vers le développement de cette maladie », explique Mathieu Almeida, chercheur à l’Inrae qui a pris part à cette étude internationale.
Les examens « pour diagnostiquer la maladie de Parkinson sont longs et coûteux. À l’heure actuelle, il est impossible d’identifier les individus à risque de développer la maladie, afin de ralentir et peut-être éviter son développement », relèvent les chercheurs. « L’analyse du microbiote, en fait, c’est une nouvelle arme, un nouveau type de diagnostic potentiel qui peut être ajouté par les cliniciens pour identifier les individus qui pourraient plus rapidement développer cette maladie », estime Matthieu Almeida.
Ce repérage pourrait faciliter la mise en place d’actions préventives. « Indépendamment du traitement médicamenteux, les altérations moindres du microbiote et les symptômes moins sévères ont été observés chez les patients ayant une alimentation équilibrée », peut-on lire dans cette étude. Ce qui suggère « que l’alimentation pourrait modérer la survenue et le développement de la maladie. De précédentes études indiquent qu’une alimentation se rapprochant du régime méditerranéen pouvait retarder la maladie ».
L’équipe de recherche a suivi et analysé le microbiote des individus d’une cohorte de 464 personnes « pour caractériser ces altérations et leur lien avec le développement de la maladie de Parkinson. La cohorte comprend 271 patients atteints de la maladie de Parkinson, 43 individus ayant une prédisposition génétique mais n’ayant pas développé la maladie et 150 personnes sans prédisposition génétique ». En plus de l’analyse de leur microbiote, « les individus de la cohorte passaient des examens pour évaluer leur état clinique en lien avec le diagnostic de la maladie de Parkinson ».
Source:
www.franceinfo.fr





