- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilSociétéTEMOIGNAGE. "On est au bord de l'effondrement" : un surveillant de prison se...

TEMOIGNAGE. "On est au bord de l'effondrement" : un surveillant de prison se confie sur ses conditions de travail


Publié le 27/04/2026 06:43



Mis à jour le 27/04/2026 06:45

Temps de lecture : 2min

Un surveillant de l’administration pénitentiaire au centre de détention de Neuvic, en Dordogne. (illustration) (THIBAULT DELMARLE / RADIO FRANCE)

Lundi est une journée de mobilisation dans les établissements pénitentiaires, où les agents sont appelés à faire grève pour réclamer des mesures d’urgence, alors que la surpopulation carcérale continue à battre des records.

Un « système à bout de souffle ». Les surveillants sont appelés à bloquer toutes les prisons de France, lundi 27 avril. Le syndicat Ufap-Unsa est à l’initiative du mouvement de grève, lancé afin de réclamer des « mesures d’urgence ». Dans le viseur notamment, la surpopulation carcérale qui atteint chaque mois de nouveaux records.

Au 1er mars dernier, la France comptait plus de 87 100 détenus pour 63 000 places dans les prisons. Dans celle de Nanterre, la situation est devenue intenable, comme en témoigne Samir, un surveillant, brigadier-chef et délégué local de l’Ufap, auprès de franceinfo.

Il connaît chaque recoin de la prison de Nanterre, qu’il arpente depuis 16 ans, 16 ans qu’il voit la situation se dégrader. « Je suis arrivé, on devait être un effectif de 800 détenus, pour 592 places, aujourd’hui, on dépasse aisément les 1 300 détenus. Sur la gestion quotidienne, ça change énormément de choses, on n’a plus le temps de faire notre travail comme on doit le faire. On est dans l’urgence. On court, on court, on court. Les frustrations, les agressions, les délais qui se rallongent pour tout… Des cellules où ils étaient deux avant, maintenant ils sont trois. On a des matelas au sol. C’est devenu quasiment la règle, le matelas au sol », décrit-il.

« C’est juste plus de travail avec moins de moyens. »

Samir, surveillant brigadier-chef à la prison de Nanterre

à franceinfo

Face à ces détenus de plus en plus nombreux, les effectifs de surveillants ne suivent pas. Au niveau national, l’Ufap dénonce 5 000 postes vacants auxquels s’ajoute l’absentéisme des agents, épuisés selon Samir. « Ce n’est pas de l’absentéisme de fainéantise ou de l’absentéisme de ne pas vouloir travailler, c’est de l’absentéisme de fatigue. Les gens sont vraiment fatigués. Ils passent plus de temps ici que chez eux. Ça nous est déjà arrivé de garder les agents qui travaillaient du matin, de les garder pour l’après-midi parce qu’on n’avait pas assez d’agents pour assurer tout le service. Au lieu d’être 15-20 à l’appel, on était cinq ou six, donc il faut bricoler. »

« On est au bord de l’effondrement. Et ça, ce n’est pas qu’à Nanterre, c’est quasiment dans toutes les prisons de France, s’inquiète Samir. On tient la ficelle par les deux bouts, en fait. Il suffit d’un rien pour qu’on n’y arrive plus. Si on ne fait pas ce qu’il faut là, maintenant, tout de suite, il y a un moment où ce sera trop tard. »

« Trop tard, reprend-il, c’est que vous allez arriver un matin, il n’y aura personne. Il n’y aura personne pour travailler. Quand il ne reste plus que des cendres, ça ne sert plus à rien de sortir l’extincteur. » Pour Samir, l’urgence est donc de recruter des surveillants et surtout de les faire rester. Aujourd’hui, ce brigadier-chef dit avoir appris à aimer sa profession, mais il voit de plus en plus de jeunes abandonner, dégoûtés par les conditions de travail.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img