En Tanzanie, deux rapports de commissions présidentielles mises en place fin 2024 à l’initiative de la présidente Samia Suluhu Hassan, confirment la volonté des autorités de déplacer les Masaï de leurs terres ancestrales, notamment du Ngorongoro. L’État justifie ces déplacements de population afin, selon lui, de mieux protéger l’écosystème de ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et réputé pour sa faune exceptionnelle.
Publié le : 19/04/2026 – 11:35
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Avec notre correspondante à Dar es Salaam, Élodie Goulesque
Le premier rapport, publié ces jours-ci, concerne l’usage des terres dans la zone de conservation du Ngorongoro, au nord du pays, et le second, la politique de déplacement des Masaï déjà mise en place, depuis 2021.
En direct sur Youtube et face à la présidente Samia Suluhu Hassan, Gérald Ndika, président de la commission présidentielle sur le déplacement des Masaï du Ngorongoro, va droit au but : « Les études montrent qu’à partir de l’an prochain, les gnous, antilopes et girafes pourraient disparaître de la zone de conservation du Ngorongoro. Ces disparitions d’animaux sauvages sont liées à l’augmentation de l’activité humaine. »
Les conflits entre hommes et animaux, c’est selon le gouvernement tanzanien, le cœur du problème. Les rapports publiés pointent du doigt la population masaï dans la zone de conservation du Ngorongoro connue pour son fameux cratère, lieu emblématique des safaris en Tanzanie. Selon l’État, cette communauté dont la population et le bétail augmentent met en danger les écosystèmes de la zone. Ces publications suggèrent donc de continuer les départs soi-disant volontaires des Masaï vers d’autres régions du pays.
« Ils veulent notre terre pour faire leur business ou construire leurs hôtels »
Ces deux rapports ont été dénoncés par des organisations des droits de l’homme. Ils estiment que le but de ces évictions est de faire de la place à plus d’infrastructures touristiques. Fin janvier, la ministre tanzanienne des Ressources naturelles et du Tourisme proclamait vouloir quasiment doubler le nombre de lits disponibles dans la zone de conservation.
Ainsi, les deux rapports présidentiels encouragent le départ des Masaï de la zone de conservation du Ngorongoro, mais la population Masaï dément fermement les conclusions de ces deux rapports. Joint par RFI, Joseph Oleshangay, avocat et défenseur de la communauté masaï dont il fait partie, souligne que ces rapports ne sont qu’un reflet de la volonté du gouvernement d’anéantir cette ethnie jugée trop critique en Tanzanie.
« Le conflit que nous avons au Ngorongoro, à Loliendo et dans d’autres lieux, n’a rien à voir avec la vie sauvage et les pastoralistes. C’est au sujet de personnes qui ont des intérêts dans le tourisme ou dans la chasse. Ils veulent notre terre pour faire leur business ou construire leurs hôtels. Ils utilisent la conservation, la vie sauvage et la nature comme un prétexte pour faire ce qu’ils veulent et prendre nos terres. Nous résistons mais la présidente veut nous voir partir, donc quiconque allait se pencher sur ce sujet allait par extension dans le sens des intérêts de la présidente. Personne n’est tenu responsable, on ne peut pas aller en justice, on ne peut rien exposer, les médias sont contrôlés et il n’y a pas d’opposition. »
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Source:
www.rfi.fr





