Dans “C dans l’air l’invité”, ce samedi, la comédienne et militante a défendu avec ferveur un projet politique pour lutter contre les violences au sens large.
Adèle Haenel était invitée de « C dans l’air » sur France 5 samedi 25 avril 2026. Capture d’écran – France TV
Publié le 25 avril 2026 à 18h57
Ne surtout pas s’attarder sur son propre cas, mais appeler à une réponse politique pour que « toutes les vies soient vivables ». Aux côtés de son avocate Anouck Michelin, Adèle Haenel a maintenu son cap, déterminée, sur le plateau de C dans l’air samedi, une semaine après la condamnation en appel vendredi 17 avril de Christophe Ruggia à cinq ans de prison pour agressions sexuelles sur l’actrice alors âgée de 12 à 14 ans.
Interviewée par Aurélie Casse, celle qui a claqué avec fracas la porte du cinéma en 2020 a d’abord parlé de « soulagement », après « un parcours judiciaire qui a été long et éprouvant ». Mais loin de reprendre confiance en la justice en matière de pédocriminalité, elle poursuit : « Ma première réaction, c’est que moi, je me sens chanceuse. [Cela] ne témoigne-t-il pas d’une profonde injustice ? » Pour une condamnation, combien de victimes encore réduites au silence, pas crues, pas entendues ?
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« Je suis venue ici pour parler du présent », martèle-t-elle, pour « tous les enfants qui aujourd’hui subissent » une tyrannie bien huilée du silence des prédateurs. « Le silence, ce n’est pas parce que quelqu’un cache trop bien, c’est parce que personne ne veut voir », lance-t-elle, qualifiant les violences subies sur le tournage des Diables de « cachées exhibées », tant elles transpirent à l’écran. D’autant que les adultes autour d’Adèle Haenel ont été « passifs », ajoute son avocate.

Adèle Haenel était invitée, avec son avocate, dans « C dans l’air l’invité » sur France 5 samedi 25 avril 2026 Capture d’écran France TV
Plus que dans la « réparation » permise par une décision de justice, la comédienne veut croire en « la transformation de la société ». Et élargit son propos à son combat pour Gaza en évoquant « le droit international piétiné en Palestine » et en liant les violences entre elles : « Je me bats du côté du droit, face à un monde qui est en train de glisser dans le fascisme. »
Après de telles paroles, lui demander si elle compte revenir un jour sur les plateaux de cinéma semble presque anecdotique. « Je fais du théâtre », répond-elle, refusant de participer à « une industrie qui construit des imaginaires [racistes, sexistes] qui ne nous aident pas à sortir de la crise dans laquelle nous sommes, qui est une crise d’humanité ».
Source:
www.telerama.fr





