Le musée Cernuschi revient sur l’évolution du travail de l’artiste, à la pratique artisanale innovante.
Artiste renommé en Corée, où il a tenu de nombreuses expositions personnelles, Shin Sung Hy est resté plus discret en France. Pourtant, le peintre expérimental, né en 1948 à Ansan, en Corée, et décédé en 2009 dans la commune française d’Élancourt, a passé près de 20 ans dans l’Hexagone. Le musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, fait toute la lumière sur le travail de l’artiste et sur les ponts que tissent ses œuvres entre ses deux pays. Une exposition en accès libre, à découvrir jusqu’au 2 août 2026.
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C’est d’ailleurs dans le cadre du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée que le musée fait ce focus sur Shin Sung Hy. Intitulée « Shin Sung Hy – Coller, couturer, nouer » et dirigée sous le commissariat de Mael Bellec, conservateur en chef et responsable des collections au musée Cernuschi, l’exposition réunit une trentaine d’œuvres de l’artiste.
Dépasser la peinture traditionnelle
Après avoir étudié la peinture à l’université de Hongik en Corée, l’artiste commence avec la peinture à l’huile pour créer des toiles colorées et figuratives au début des années 70. Au tournant des années 80 – qui coïncide avec son arrivée en France –, son approche se caractérise par la déconstruction : il décompose ses toiles avant de les assembler dans des sortes de patchworks de peinture. Entre les deux, Shin Sung Hy passe par une phase monochrome avec des camaïeux bruns qui rappellent la texture de la toile de jute.
Connu pour son approche expérimentale, Shin Sung Hy n’a de cesse de déconstruire la peinture pour mener à bien ses recherches. Avec ses séries de Couturages au début des années 90, l’artiste peint une toile abstraite avant de la lacérer en bandes : il les entrelace ensuite pour donner vie à des peintures fragmentées recomposées. « Les bords des bandes peuvent être alors repliés vers l’extérieur de l’œuvre, créant des ourlets en relief qui viennent séparer chaque espace coloré, ou tournés vers l’intérieur, ce qui place alors les différentes zones peintes en directe contiguïté, à la manière d’un patchwork », détaille le musée Cernuschi.

La naissance des Nouages
Shin Sung Hy expérimente ensuite les Nouages, technique pour laquelle il est le plus connu. Il commence par peindre des deux côtés d’une toile avant de la découper en bandelettes de 1 à 2 centimètres pour les relier entre elles. Le musée des arts de l’Asie poursuit : « Cette production crée un pont entre la France et la Corée. Du côté français, elle rappelle les travaux de Supports-Surfaces [mouvement artistique de la fin des années 60, ndlr] par la manière dont le support est traité non comme une surface à couvrir, mais comme un matériau à mettre en œuvre. Du côté coréen, elle évoque à la fois les recherches contemporaines du mouvement dansaekhwa et l’art traditionnel des nœuds, qui fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel immatériel national. »
Le résultat floute les définitions traditionnelles : on retrouve des œuvres en relief, que l’on pourrait qualifier de « peintures sculpturales » ou de « sculptures picturales ». Colorée, chaleureuse et texturée, l’œuvre de Shin Sung Hy nous plonge dans des explorations de pigments et de matières. Mais aussi dans une approche artisanale et collaborative de la peinture, puisque l’artiste invitait les membres de sa famille à créer avec lui. Rendez-vous au musée Cernuschi jusqu’au 2 août pour cette rétrospective inédite.


L’exposition « Shin Sung Hy – Coller, couturer, nouer » est visible au musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, jusqu’au 2 août.
Konbini, partenaire du musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris.
Source:
www.konbini.com





