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Serge Grouard, maire d’Orléans : « L’abandon de l’industrie a fracturé le pays entre métropoles tertiarisées et mondialisées et territoires en déclin »

Le 11 décembre 2025, Brandt, fleuron historique de l’électroménager français, a été placé en liquidation judiciaire : 750 emplois supprimés. Une usine de plus rayée de la carte productive française. Un énième gâchis français. Désolant, honteux. Un an plus tôt, Duralex a frôlé le même destin. Sans l’engagement d’Orléans Métropole et de la région Centre-Val de Loire, le verre Duralex se brisait définitivement. Ces noms ne relèvent pas d’une nostalgie mal placée. Ils incarnent une promesse trahie par des décennies de choix politiques désastreux.

Depuis les élections européennes de juin 2024, 325 sites industriels ont fermé en France [d’après le décompte de la CGT arrêté fin octobre 2025]. Et 325 décisions, souvent silencieuses, parfois assumées, trop souvent subies. Derrière ces fermetures, se dessine une réalité politique affligeante : la France continue de perdre sa capacité à produire ce qu’elle consomme, à décider ce qu’elle fabrique, à maîtriser son destin industriel.

Depuis plus de quarante ans, la désindustrialisation française est le résultat d’une série de choix politiques assumés ou tolérés. A partir du milieu des années 1970, la part de l’industrie dans notre produit intérieur brut entame un déclin continu. Autour de 20 % en 2000, elle n’est plus que de 9 % aujourd’hui. Textile, sidérurgie, construction navale : les secteurs stratégiques sont abandonnés les uns après les autres, souvent d’ailleurs par des responsables politiques ou administratifs qui ne connaissent rien au monde de l’industrie.

Depuis 1974, plus de 2,5 millions d’emplois industriels ont disparu. Cette hémorragie n’a jamais donné lieu à un débat démocratique de fond. Elle s’est produite à bas bruit, dans le drame silencieux de foyers français, le déclassement progressif de certaines régions et l’indifférence relative des élites parisiennes.

La mondialisation et la bien réelle prédation économique de la Chine notamment ont souvent servi de boucs émissaires commodes. Pourtant, près des deux tiers des destructions d’emplois industriels entre 1980 et 2007 s’expliquent non par les évolutions du commerce international, mais par des choix nationaux : gains de productivité mal accompagnés, externalisation massive vers les services, sous-investissement chronique, erreurs stratégiques. C’est autant Paris, voire Bruxelles, que Pékin qui ont désarmé nos chaînes industrielles.

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Source:

www.lemonde.fr

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