Le procès de l’élève de 16 ans auteur présumé des coups de couteaux s’ouvre ce mardi aux assises de Pau.
Publié le 21/04/2026 09:54
Temps de lecture : 2min
« Le traumatisme est toujours là », décrit mardi 21 avril sur ICI Pays Basque Serge Hastoy, secrétaire général de la Fep-CFDT Pays Basque, Béarn et Landes, qui représente les enseignants du privé, alors que débute ce mardi à Pau, devant la Cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, le procès de l’élève qui a poignardé Agnès Lassalle. Cette professeure d’espagnol au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d’Aquin, à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) de 53 ans, a été tuée le 22 février 2023 d’un coup de couteau à la poitrine en plein cours, par un élève de seconde âgé de 16 ans.
« Le drame qui est survenu il y a trois ans est toujours présent dans l’établissement et encore plus aujourd’hui, à l’occasion de l’ouverture du procès », explique Serge Hastoy. « Cela explique que les enseignants ont du mal à évoquer le sujet, à s’exprimer et on peut les comprendre ». Il salue néanmoins « la force et la résilience qui les poussent finalement à continuer alors même que le traumatisme est toujours là ».
Pour le représentant syndical, ce procès doit permettre de « construire un processus de meilleure prévention des risques pour les enseignants, en essayant de repérer des signaux faibles qui auraient échappé, de façon tout à fait normale parce qu’on n’est pas préparé à les repérer justement, et aussi peut-être à repérer des failles dans l’institution », de manière à « éviter qu’un tel drame se reproduise à nouveau », poursuit le secrétaire général de la Fep-CFDT. Serge Hastoy regrette que les moyens annoncés après le drame ne soient pas là, « et encore plus dans l’enseignement privé qui souvent est oublié dans ces mesures-là ».
Au-delà de la sécurité, la santé mentale des jeunes est « un point central », souligne-t-il. « Globalement, on dit qu’environ un jeune sur trois souffre de troubles dépressifs et environ 35 à 40 % de troubles anxieux. C’est réellement effrayant », décrit le représentant CFDT. Le Covid a « sans doute laissé des traces, amplifié les fragilités classiques des jeunes, conjugué à d’autres fragilités qui sont plus contemporaines. Par exemple, l’urgence climatique ou l’incertitude économique », poursuit-il. Le gouvernement avait souhaité en faire une priorité nationale, mais « on ne le voit pas bien ou pas assez, parce que là-encore, se pose la question des moyens », constate Serge Hastoy.
Source:
www.franceinfo.fr





