Publié le 25/04/2026 20:38
Temps de lecture : 2min – vidéo : 4min
Un réseau de cambrioleurs a été démantelé dans l’est de la France, soupçonné de 17 vols par effraction avec toujours un butin identique : du matériel de jardinage. L’affaire est loin d’être isolée.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Sur la route des cambrioleurs, un petit village de 25 habitants au cœur des Ardennes : Belval-Bois-des-Dames. Joël n’aurait jamais imaginé un jour être une cible. La dépendance où il stocke son matériel de jardinage a été pillée au mois de mars. « Il y avait des tronçonneuses, qui ont été volées. Devant, il y avait le perforateur, une bouteille de gaz, un bidon d’essence, une débroussailleuse aussi qui était là. Ça fait mal au cœur quand même. On s’achète des outils, on se les fait voler, qui avaient de la valeur et qui permettaient de travailler, de bricoler », dit-il.
Au total, 1 600 euros de matériel volé. La gendarmerie n’a pu lui restituer qu’une tronçonneuse, vieille de 30 ans. « Et celle-ci, c’est une que j’ai été obligé de racheter pour finir le travail », montre-t-il. Une dépense de 400 euros. Les voleurs avaient connaissance du système de fermeture. Leur arrivée a pu être filmée grâce à la caméra de surveillance d’une voisine. À son tour, elle craint pour son matériel et réfléchit à sécuriser son jardin. « Celui qui connaît un petit peu le secteur, il sait qu’on peut très bien passer par les pâtures derrière la maison, ou par chez le voisin. Nos terrains se joignent. Donc, par sécurité, on remet une caméra à l’arrière », confie-t-elle.
La vidéo a aidé les gendarmes à remonter la piste d’un groupe de délinquants. Ils ont commis de nombreux cambriolages : 17, dont dix dans des habitations. Soit 150 000 euros de matériel de jardinage volé. Les particuliers sont des cibles idéales pour seon Magali Josse, procureure de la République de Charleville-Mérières, qui a suivi l’enquête : « L’avantage de ce butin pour les auteurs des faits, c’est le fait que c’est un matériel qui est difficilement traçable. C’est un matériel qui n’est pas immatriculé, qui n’est pas numéroté. » Les outils sont rapidement écoulés sur les plateformes de revente entre particuliers.
Toutes les régions sont concernées par le phénomène. Un couvent près de Reims (Marne) en a été victime en janvier. Et un jardin dans le Gard, plus récemment, principalement pour la ferraille. « Dans tous ces bacs, il y avait des pelles, des pioches », raconte Sylvie Souvairan, présidente de l’association des jardins familiaux de Fontanès. Le vol de matériel a mis un autre jardin partagé en difficulté financière en 2025 à Marciac, dans le Gers. Toute la cabane a été retournée : plus de 2 000 euros de préjudice. Le jardin a été sauvé par la mairie et les dons des habitants, mais ses membres restent choqués. « On ne comprend pas comment des gens peuvent venir nous voler. On est une petite association. On est pour le bien de tous, donc ça, c’était très malheureux », commente Sylvie Benech, la trésorière de l’association des jardins familiaux de Marciac
Le jardin offre régulièrement ses légumes aux habitants et des familles viennent cultiver leurs légumes pour faire face au coût de la vie. Alors, les vols révoltent Daniel Tournerie, un jardinier : « Il y a des retraités, et ça touche les gens qui n’ont pas les moyens… C’est dingue. » Aujourd’hui, les responsables de l’association gardent le matériel chez eux pour éviter les vols, en attendant de trouver une cabane plus sécurisée.
Source:
www.franceinfo.fr





