S’exprimant devant l’Assemblée générale au nom du Secrétaire général de l’ONU, le Sous-Secrétaire général aux politiques, Guy Ryder, a rappelé que l’explosion survenue le 26 avril 1986 lors d’un arrêt de routine avait libéré d’importantes quantités de radiations, provoquant « la pire catastrophe nucléaire de l’histoire ».
La contamination radioactive s’est étendue bien au-delà de l’Ukraine, touchant notamment le Bélarus et la Russie, et forçant quelque 350.000 personnes à fuir leurs domiciles.
Un hélicoptère s’approche de la centrale nucléaire de Tchernobyl pour vérifier les dommages causés au réacteur nucléaire en avril 1986.
Traumatisme
« Aujourd’hui, nous nous souvenons de la souffrance, du traumatisme et du déplacement de ces populations », a déclaré le chef de l’ONU, rendant hommage aux victimes et aux communautés encore affectées par les conséquences sanitaires, environnementales et sociales.
Au-delà de la tragédie, le Secrétaire général a salué « le meilleur de l’esprit humain » : l’engagement des premiers intervenants, pompiers et travailleurs médicaux, ainsi que les efforts internationaux de reconstruction et les travaux scientifiques ayant permis de mieux comprendre les causes de l’accident.
Depuis quatre décennies, le système des Nations Unies, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), soutient les efforts de relèvement, de la fourniture d’aide humanitaire à la surveillance des effets des radiations, en passant par le démantèlement des installations nucléaires et le développement socio-économique des régions touchées.
La centrale de Zaporijjia
Mais le message est aussi tourné vers le présent. Dans un monde marqué par la méfiance et les divisions, le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité d’éviter toute activité militaire à proximité des sites nucléaires. La guerre en Ukraine continue en effet de faire peser des risques sur plusieurs installations, dont la centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe.
« Toutes les activités militaires près des sites nucléaires doivent cesser immédiatement », a-t-il averti, soulignant que tout dommage pourrait compromettre des décennies d’efforts internationaux.
Rappelant que Tchernobyl « n’a jamais été seulement une tragédie nationale », il a exhorté les États à tirer les leçons du passé pour bâtir un avenir plus sûr. « Il y a trop en jeu pour risquer une nouvelle catastrophe », a-t-il conclu, appelant à un engagement collectif en faveur de la paix, de la sécurité et de la résilience.
Appel à la transparence
De son côté, la Présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, s’est remémorée la tragédie alors qu’elle était enfant en Allemagne.
« J’avais cinq ans lorsque j’ai entendu ces étranges mises en garde. Pour des enfants, cela semblait dangereux — mais d’une manière différente de celle des avertissements concernant la guerre. Et tous ceux qui en ont entendu parler à la radio, à l’époque, étaient déconcertés. Il s’agissait d’un accident survenu dans une centrale — à 1 500 kilomètres de l’endroit où je vivais alors, en Allemagne — en Ukraine, qui faisait alors partie de l’Union soviétique », a-t-elle raconté.
« Presque personne ne comprenait vraiment cette nouvelle. Mais pour tous, il était parfaitement clair que quelque chose de terrible s’était produit. Et Tchernobyl est resté le symbole d’une catastrophe. Même des années plus tard, à mille kilomètres de là, on nous conseillait d’éviter certains aliments. Pour ceux qui se trouvaient plus près du réacteur, les conséquences furent bien plus que de simples restrictions étranges. Elles furent catastrophiques », a-t-elle ajouté.
La Présidente de l’Assemblée générale a insisté sur les leçons essentielles de la catastrophe : la transparence, la communication rapide et la coopération internationale sauvent des vies.
Selon elle, le manque d’information initial a aggravé les effets sanitaires, notamment chez les enfants. Elle a également mis en garde contre les risques actuels autour des installations nucléaires en zones de conflit. Elle a appelé à renforcer le rôle de l’AIEA, le respect du droit international et l’usage exclusivement pacifique de l’énergie nucléaire.
Source:
news.un.org





