La clé apparaît démesurée, usée et fatiguée à force d’avoir pénétré dans la serrure rouillée de la porte en fer forgé. Celle-ci résiste, il faut insister, le seul moyen de la faire céder. Comme si cet hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris, rue Cimarosa, à deux pas de l’ancien siège de la Gestapo française, 93, rue Lauriston, hésitait encore à livrer ses secrets.
Derrière cette porte, encore d’autres portes, toutes blindées. Un blindage digne d’un abri antiatomique. Cet hôtel particulier accueille à la mi-mars ses derniers visiteurs. Dans trois jours, son nouveau propriétaire, financier de profession au nom resté confidentiel, y prendra ses quartiers.
On le dit cinéphile. Ne souhaitant pas faire table rase du passé, il a insisté pour récupérer une petite partie de la bibliothèque de l’ancien propriétaire. Beaucoup d’ouvrages sur Hollywood sur les innombrables étagères, en grande partie vides, et des rayonnages entiers sur la période de l’Occupation, l’autre obsession de l’ancien résident, une figure majeure du cinéma français. Il s’appelait René Chateau. Il est mort le 5 février 2024, à 84 ans. Pourtant, il continue de hanter les lieux.
René Chateau. Le nom claque comme celui d’un personnage d’une des productions avec Jean-Paul Belmondo dont il était devenu, dans les années 1970 et 1980, le maître d’œuvre. Il est parvenu à maintenir durablement l’acteur sur les cimes du box-office avec Le Magnifique, L’Animal, Flic ou Voyou, Le Professionnel, L’As des as, Le Marginal. Des titres le plus souvent choisis par celui qui a fait de Belmondo une star.
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Source:
www.lemonde.fr




