On a beau le voir et le revoir, on y croit encore, on voudrait tellement que ça se termine bien. De quoi s’agit-il ? De Roméo et Juliette, dont les multiples versions cinématographiques, théâtrales et chorégraphiques de la pièce de Shakespeare ont, depuis 1597, à peine entamé le cuir et laissent toujours insatisfait, tant l’histoire finit bêtement mal. Alors que Juliette, pour échapper à ses parents, avale un philtre magique qui la maintient dans une froideur cadavérique, Roméo, qui n’a pas été prévenu à temps du stratagème, la croit morte et s’empoisonne, entraînant le suicide de Juliette qui se poignarde sur lui. Trop tard, trop dommage ! Mourir, ne pas mourir, chercher la mort, l’amour sème des cadavres.
Cette escalade fatale est un des pics de tension du ballet Roméo et Juliette, chorégraphié par Rudolf Noureev (1938-1993) sur la musique tempétueuse de Prokofiev et à l’affiche dans l’interprétation du Ballet de l’Opéra national de Paris, jusqu’au 12 mai, à l’Opéra Bastille. Créée en 1984, cette superproduction exaltée a déclenché, vendredi 10 avril, les cris d’enthousiasme et d’admiration du public. Autour de l’étoile Roxane Stojanov et du danseur Lorenzo Lelli, tous les deux captivants, les 50 interprètes au plateau et la quarantaine de figurants ont avalé ce ballet marathon de près de trois heures. Soutenu par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, emporté par la baguette précise et nerveuse de Robert Houssart, ce Roméo et Juliette, parfois tout de même un peu vieillot, a encore emporté le morceau.
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Source:
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