L’ex-chirurgien a été condamné en mai 2025 à 20 ans de prison pour des viols et agressions sexuelles commis sur près de 300 victimes mineures.
Publié le 25/04/2026 06:00
Temps de lecture : 2min
L’actuel et l’ancien président de l’Ordre des médecins du Finistère sont renvoyés devant la chambre disciplinaire de Bretagne pour de possibles manquements dans l’affaire Joël Le Scouarnec, d’après un document que franceinfo a pu consulter. Dans ce courrier daté du 23 avril, le Conseil national de l’Ordre des médecins indique avoir décidé « à l’unanimité, lors d’une session extraordinaire » de traduire ces deux médecins « devant la chambre disciplinaire » de l’Ordre régional des médecins de Bretagne.
Cette décision fait suite à trois plaintes déposées en janvier 2026 par l’association L’Enfant Bleu, et visant trois membres du Conseil de l’Ordre des médecins du Finistère, dont son actuel président. Les praticiens sont accusés par L’Enfant Bleu d’avoir fait preuve d’une « totale inertie » en 2006. À l’époque, l’Ordre des médecins du Finistère est averti d’une condamnation de Joël Le Scouarnec, un an plus tôt, à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.
Trois responsables de l’Ordre reçoivent alors le chirurgien en entretien. Joël Le Scouarnec reconnaît les faits, ses collègues notent « porno enfant +++ » dans leur compte-rendu. Ils décident pourtant de ne pas le sanctionner et de ne prendre aucune mesure de précaution. Le chirurgien continuera donc d’exercer auprès de mineurs et d’agresser des patients, jusqu’à son interpellation par les gendarmes en 2017. « Une faute d’une particulière gravité », estime L’Enfant Bleu, qui espère des sanctions contre ces trois médecins. Près de quatre mois après le dépôt de ces plaintes, le Conseil national de l’Ordre des médecins a donc décidé de renvoyer deux des trois responsables de l’Ordre du Finistère devant la chambre disciplinaire de l’Ordre de Bretagne, le 3e médecin étant décédé récemment.
C’est « un énorme désaveu » pour l’Ordre du Finistère « qui a tenté de se défausser et qui est aujourd’hui rattrapé par la patrouille », salue auprès de franceinfo Jean-Christophe Boyer, l’avocat de L’Enfant Bleu. Pour lui, cette « inaction a eu des conséquences dramatiques en permettant à Joël Le Scouarnec de continuer à exercer et de faire d’autres victimes alors qu’on aurait pu l’arrêter ». « C’est maintenant au tour de l’actuel et de l’ancien président du conseil de l’Ordre du Finistère de rendre des comptes », estime l’avocat, qui espère aussi que cette décision change les mentalités auprès de tous les médecins qui composent les Conseils de l’Ordre.
« L’idée est qu’ils prennent enfin leur rôle au sérieux, qu’ils l’exercent dans l’intérêt des patients, et qu’ils sortent d’une logique de corporation ».
Jean-Christophe Boyer, avocat de L’Enfant Bleuà franceinfo
Un désaveu d’autant plus grand que l’Ordre du Finistère, avait, selon les informations de franceinfo, refusé début avril de se saisir des plaintes de l’Enfant Bleu, estimant que ses trois membres, dont son président actuel, avaient « respecté la procédure de l’époque ». C’est finalement le Conseil national de l’Ordre qui a décidé d’imposer à ses confrères du Finistère la saisine de la chambre disciplinaire de Bretagne concernant ces deux médecins.
Contactés par franceinfo, ni l’Ordre des médecins du Finistère ni ces deux praticiens n’ont donné suite aux sollicitations. Le Conseil de l’Ordre national des médecins n’a pas souhaité commenter.
Source:
www.franceinfo.fr





