Publié le 23/04/2026 16:41
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Jeudi 23 avril, le journal de 13 heures plonge en apnée en Indonésie, au large des Philippines, avec le peuple Bajau. On les surnomme les nomades de la mer. Ils vivent essentiellement grâce à la pêche qu’ils pratiquent sans respirer pendant de longues minutes.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Pour l’atteindre, il faut faire trois heures de bateau, un village que l’on ne trouve sur aucune carte : celui des Bajau. Des hommes et des femmes poissons qui vivent au large de l’Indonésie. De génération en génération, c’est un mode de vie entièrement rythmé par la mer.
Comme chaque matin, Carles et son frère partent en mer pêcher. Tous deux font partie des Bajau, un peuple autochtone surnommé les « Nomades de la mer », des spécialistes de la plongée en apnée. « La plongée est vraiment importante pour nous. C’est comme ça qu’on survit et qu’on gagne de l’argent. On n’est pas faits pour faire d’autres métiers. Pour nous, pêcher en apnée, c’est du gâteau », indique Carles Lantumelo, plongeur.
Sous l’eau, sans oxygène, le duo ratisse le corail à la recherche de poissons. Au fil des générations, le corps des Bajau s’est adapté à la vie aquatique. Carles peut retenir son souffle pendant 4 minutes. « Descendre en apnée à 10 mètres, ce n’est rien pour moi. J’ai appris à le faire depuis que je suis petit », indique Carles.
Un jeu d’enfant, donc. Mais lorsqu’il faut descendre à plus de 20 mètres, les plongeurs s’aident d’une machine, un compresseur d’air. Reliés par un simple tuyau qui crache de l’oxygène dans leurs poumons, ils s’enfoncent dans les abysses pendant plusieurs heures. « C’est la nouvelle façon de pêcher chez les Bajau. Avant, on ne descendait qu’en apnée. Maintenant, on a cette machine pour aller plus profond. Car c’est là qu’on trouve le plus de poissons », explique Carles.
Une journée de labeur banale pour les plongeurs hors pair, essentielle à la vie des Bajau. Dans le village au large de l’Indonésie, 16 familles vivent exclusivement de la pêche. Une tradition si ancrée qu’elle est transmise dès le plus jeune âge. Ce jour-là, initiation à la plongée pour les enfants de la communauté. « Dès que les enfants marchent, ils apprennent à nager. À 5 ans, ils savent tous nager. Et à 12 ans, ils partent plonger. J’espère que les plus jeunes continueront, car le travail est difficile. Mais personne ici ne souhaite travailler sur la terre », assure Ashar Ismail, habitant du village.
Mais vivre au large peut s’avérer être un défi, notamment pour trouver de l’eau douce. Le village a dû installer un long tuyau de 150 mètres pour puiser la source de l’île voisine, inhabitée. « On utilise l’eau pour la cuisine. C’est de l’eau de source douce et fraîche. Elle vient de la montagne. On peut la boire sans la faire bouillir », affirme Ashar Ismail.
Des contraintes, certes, mais la mer, en échange, se veut généreuse. Au menu ce jour-là pour un jeune plongeur et sa femme, un coquillage, un bénitier géant. « C’est vraiment délicieux. On peut le manger cru, comme des sashimis, ou bien avec du piment », détaille Neli Ulandari, habitante du village. Dans sa petite cuisine sur pilotis, Neli prépare la pêche du jour, toujours un œil sur la mer. « Ce que j’aime le plus, c’est qu’on peut facilement rattraper du poisson et des coquillages. On peut en trouver juste devant la maison », lance-t-elle. Comme eux, il serait aujourd’hui environ 100 000 Bajau à perpétuer ce mode de vie hors du temps, au large de l’Indonésie, de la Malaisie et des Philippines.
Source:
www.franceinfo.fr





