Publié le 23/04/2026 22:26
Mis à jour le 23/04/2026 22:46
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En matière nucléaire, la Chine a changé d’échelle. Après avoir longtemps importé ses réacteurs, elle mise désormais sur ses propres technologies, et construit à un rythme que peu de pays peuvent suivre. Son objectif est clair : s’imposer comme l’une des grandes puissances mondiales de l’atome civil.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une ambition démesurée, à l’image des nombreux chantiers. La Chine construit des centrales nucléaires, vite, même très vite. Des milliers d’ouvriers coulent des tonnes de béton. Cinq années sont nécessaires pour réaliser un site complet. C’est deux à trois fois plus rapide qu’en France. Une planification, et des résultats : en 2000, le pays ne comptait que trois réacteurs sur deux sites. En 2026, il y en a 60 répartis sur une trentaine de lieux le long de la mer, et ce n’est qu’un début. « Nous avons 60 réacteurs opérationnels et 36 en construction. Aujourd’hui, nous avons la capacité d’en fabriquer 50 simultanément », explique Shudong Cao, le vice-président de l’autorité nucléaire chinoise.
La Chine est sur le point de dépasser les États-Unis, numéro un mondial, avec 94 réacteurs. Elle mise sur un modèle nouvelle génération, 100 % chinois. Hualong-1 signifie « le dragon du pays ». « On en met en service six à huit tous les ans », assure Qing Tang, le directeur du programme Hualong. Plus petit et moins performant que ses concurrents, Hualong-1 alimente un million de personnes, l’EPR jusqu’à 2,6 millions. Il mesure 60 mètres contre 80, et coûte 5 milliards d’euros, contre jusqu’à 12 milliards pour l’EPR.
La clé de son succès ? Le savoir-faire étranger, notamment français. En 2018, la Chine achète deux réacteurs EPR avec transfert de technologie. Xianhe Shang, le directeur de la centrale nucléaire de Qinshan (Chine), reconnaît que l’élève a dépassé le maître. Pour les Chinois, le Hualong-1 est une copie améliorée du modèle français. « Aujourd’hui, je reconnais que la France, avec EDF et Framatome, anciennement Areva, a apporté une contribution significative au développement du nucléaire en Chine », déclare-t-il.
Pékin espère maintenant vendre ses centrales à l’étranger. À ce jour, seul le Pakistan est équipé. Mais la nouvelle technologie chinoise, jugée fiable aujourd’hui, le sera-t-elle dans 40 ou 50 ans ? Faute de recul, personne ne peut répondre à cette question.
Source:
www.franceinfo.fr





