Le souverain pontife, qui passera deux jours en Algérie, y entame la première tournée internationale de son mandat, avant de se rendre au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.
Publié le 12/04/2026 15:55
Mis à jour le 12/04/2026 15:56
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Le pape Léon XIV est attendu, lundi 13 avril, pour une visite de deux jours en Algérie, la première d’un pape dans ce pays à majorité musulmane. Ce déplacement ouvre la première grande tournée internationale du pape de 70 ans, qui le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, du 13 au 23 avril. Un marathon de 18 000 km à la cadence effrénée et à la logistique complexe.
Ce voyage revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain : il marchera dans les pas de Saint Augustin (354-430), grand penseur de la chrétienté originaire de l’actuelle Algérie et dont l’héritage spirituel irrigue son pontificat. Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient, la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape dans ce pays de 47 millions d’habitants, à 99% musulmans. « Il s’agira de s’adresser au monde islamique, mais aussi d’affronter un défi commun de coexistence », a déclaré jeudi le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.
Quelques jours avant la visite, trois ONG internationales, dont Human Rights Watch, ont exhorté le pape à soulever les questions de droits humains et de liberté religieuse auprès des autorités algériennes, affirmant que les minorités religieuses « font face à des restrictions juridiques et administratives discriminatoires ». L’islam est religion d’Etat en Algérie, mais la Constitution garantit la liberté de culte, sous réserve d’un agrément des autorités pour le lieu de culte et le prédicateur.
A Alger, Léon XIV sera reçu lundi matin par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique. Léon XIV se recueillera aussi en privé dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l’islam. Mais il ne se rendra pas au monastère de Tibhirine, dont les moines furent enlevés et assassinés en 1996, un épisode encore entouré de zones d’ombre.
Les Algériens « sont sensibles au fait que [les] premiers voyages [du pape] sont centrés sur la Méditerranée, ce qui témoigne d’une attention manifeste aux enjeux de la région, aux relations Nord-Sud », a confié à l’AFP Michel Guillaud, évêque de Constantine et Hippone. Le pape Léon XIV se rendra d’ailleurs mardi à Annaba, ancienne Hippone, dont Saint Augustin fut l’évêque. Il y donnera une messe dans la basilique qui surplombe la ville.
La visite a été saluée dans la presse locale pour sa « portée symbolique et historique », bien au-delà des 9 000 catholiques présents dans le pays. Pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, elle est représentative du « soft power algérien ». C’est « un acte diplomatique majeur pour l’Algérie, qui traduit une reconnaissance de sa stabilité, de son rôle de médiateur régional et de sa capacité à dialoguer avec des acteurs globaux », affirme le journal.
Source:
www.franceinfo.fr




