Face au désastre, elle a choisi de rester d’abord à distance. A bord d’un hélicoptère de la sécurité civile, le 28 janvier, Giorgia Meloni observait le village sicilien de Niscemi, dévasté par un glissement de terrain. La présidente du conseil italien pouvait constater le précipice taillé dans la colline par le cyclone Harry et les maisons suspendues à l’orée du vide, abandonnées par de nouveaux réfugiés climatiques.
On a ensuite reproché à la dirigeante venue de la famillle néofasciste, hostile aux réglementations environnementales, de ne pas être descendue de son aéronef pour mettre les pieds dans la boue sicilienne. D’être restée, littéralement, hors-sol avant une réunion à la mairie du village. Elle ne rencontrera certains habitants que le 16 février.
Deux mois après le survol, une réforme de la magistrature consistant essentiellement à séparer les carrières des procureurs et des juges, jugée illibérale par ses opposants, a été rejetée par 53,7 % des votants à l’issue du référendum constitutionnel des 22 et 23 mars, qui a enregistré une participation exceptionnellement haute, 55,7 %. Il s’agit de la pire défaite politique de Giorgia Meloni, un tournant pour celle à qui tout semblait réussir.
Arrivée au pouvoir en 2022, la présidente du conseil a fait le choix perdant de l’idéologie. Tout en apparaissant un temps en voie d’institutionnalisation pour avoir soutenu l’Ukraine, elle n’a jamais renié ses origines radicales. A la tête de l’exécutif, elle a donné la priorité aux marqueurs identitaires et aux grands récits, au détriment du pragmatisme et au risque de la déconnexion. Avalisant la volonté des siens d’imposer une nouvelle « hégémonie culturelle » de droite jusque dans les salles de classe, elle n’a cessé d’investir dans des guerres culturelles, son discours victimaire venant souvent contredire un triomphalisme revanchard.
Alignement sur Donald Trump
Cédant parfois aux séductions des réalités alternatives complotistes, Giorgia Meloni a aussi fait le choix de la guerre civile rhétorique contre un ennemi intérieur incarné notamment par les juges, responsables d’avoir entravé le fonctionnement de centres de détention pour migrants installés en Albanie dont la coûteuse existence ne répond pourtant à aucun objectif clair.
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