Alors que les travaux de la critiquée commission d’enquête sur l’audiovisuel public se sont achevés après quatre mois d’auditions sous tension, certaines des préconisations du rapport ont fuité. Les députés doivent voter lundi 27 avril pour ou contre la diffusion du document. Dans ce dernier, le rapporteur et député d’extrême droite Charles Alloncle propose des économies drastiques, pour économiser un milliard d’euros, soit un quart du budget actuel de l’audiovisuel public.
Publié le : 25/04/2026 – 15:30Modifié le : 25/04/2026 – 16:02
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Dans le rapport, le très critiqué rapporteur propose près de 80 propositions, afin de dégager plus d’un milliard d’euros d’économies, soit un quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public, a indiqué une source proche de la commission. Des sommes que le député propose d’utiliser pour « l’entretien du patrimoine » et le « désendettement de l’État », a ajouté cette source.
Parmi les propositions, Charles Alloncle suggère la fusion des chaînes France 2 et France 5, ou encore la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv’, dédiée au hip-hop. De plus, Franceinfo et France 24 (qui, comme RFI, fait partie de France Médias Monde) seraient aussi refondues au sein d’une seule entité, selon les fuites.
Mais le député d’extrême droite fait aussi des suggestions de nature plus éditoriale, en proposant de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République. Autre idée : demander aux salariés de s’engager à « l’impartialité et la neutralité » dans leur expression publique, même en dehors de leurs fonctions.
Si ces éléments ont fuité, le rapport en lui-même pourrait bien ne jamais devenir public officiellement. Les députés de la commission doivent trancher lundi 27 avril. Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard. Un vote négatif est rarissime, mais les tensions qui ont émaillé les travaux et les premières réactions des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, consultées à huis clos jeudi 23 et vendredi 24 avril par ses collègues, rendent tout pronostic délicat.
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« Retour à l’ORTF »
La gauche et le bloc central se montrent globalement très critiques du travail de la commission. Mais refuser la publication pourrait permettre au député Charles Allonce, membre du parti Union des droites pour la République (UDR) – formation politique fondée par Éric Ciotti –, de se poser en martyr, pensent certains. « Ce qu’il propose, c’est un retour à l’ORTF, ce n’est pas autre chose. Il règle la question de l’impartialité par la mise au pas de l’audiovisuel sous la tutelle du gouvernement », a taclé un député du bloc central.
Contacté par l’AFP, le député ciottiste a déploré de son côté que « des fuites (soient) organisées par des députés, alors que c’est totalement interdit », plusieurs médias ayant dévoilé ses préconisations vendredi, dont La Correspondance de la presse en premier. Se refusant à confirmer ou infirmer les mesures, il a estimé « légitime qu’il y ait une réflexion sur l’optimisation » des chaînes de France Télévisions, en ajoutant qu’« il s’agit de préconisations et pas d’injonctions ».
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Source:
www.rfi.fr





