Le cancer du pancréas reste aujourd’hui l’un des cancers les plus redoutables. Souvent diagnostiqué tardivement, il offre peu d’options de traitements efficaces et affiche un pronostic sombre.
En France, l’Institut national du cancer estime à environ 16 000 à 18 000 le nombre de nouveaux cas chaque année, avec un taux de survie à un an encore très limité. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Northwestern Medicine apporte une note d’espoir : un médicament expérimental pourrait aider les patients à vivre plus longtemps.
Un essai clinique qui change la donne
Publié dans Nature Medicine, cet essai randomisé de phase 2 a évalué l’efficacité de l’elraglusib, une molécule développée depuis plusieurs années. L’étude a inclus 233 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique, répartis dans une soixantaine de centres en Amérique du Nord et en Europe.
Le protocole était classique : un groupe recevait la chimiothérapie standard, tandis que l’autre bénéficiait de cette même chimiothérapie associée à l’elraglusib. Les résultats sont marquants. Les patients traités avec cette combinaison ont vu leur risque de décès diminuer de 38 %.
Plus concret encore : la survie médiane est passée de 7,2 mois à 10,1 mois. Surtout, la proportion de patients encore en vie un an après le début du traitement a doublé (44 % contre 22 %). Un signal rarement observé dans ce type de cancer. Certains patients ont même dépassé les deux ans de survie, un cap habituellement difficile à atteindre dans les formes avancées.
Les effets secondaires, bien présents, restent globalement comparables à ceux de la chimiothérapie, avec principalement de la fatigue, une baisse des globules blancs et des troubles visuels transitoires. Les chercheurs estiment que le profil de tolérance est acceptable au regard des bénéfices observés.
Un essai clinique donne de l’espoir dans la lutte contre le cancer du pancréas. © Rasi, Adobe Stock
Un mécanisme innovant qui ouvre des perspectives
Ce qui distingue l’elraglusib des traitements classiques, c’est son mode d’action. Contrairement à la chimiothérapie, qui cible directement les cellules cancéreuses, ce médicament agit sur ce que l’on appelle le microenvironnement tumoral.

Tags :
sante
Cette trithérapie a fait disparaître des tumeurs du pancréas chez la souris… une première historique
Lire l’article
En bloquant une protéine spécifique, GSK-3 bêta, il modifie l’équilibre autour de la tumeur. Ce mécanisme semble favoriser une réactivation du système immunitaire, qui permet à l’organisme de mieux reconnaître et combattre les cellules cancéreuses. Les chercheurs ont d’ailleurs observé une augmentation de certaines cellules immunitaires anticancéreuses chez les patients traités.
Cette approche est particulièrement intéressante dans le cancer du pancréas, connu pour « désactiver » les défenses immunitaires. Si ces résultats se confirment, cela pourrait marquer un changement de stratégie : ne plus seulement attaquer la tumeur, mais aussi rendre le terrain moins favorable à sa progression.
« Bien que ces résultats doivent être confirmés lors d’essais de phase 3, l’amélioration de la survie observée dans un cancer aussi difficile à traiter est encourageante. Compte tenu du mécanisme d’action novateur de ce médicament, ces découvertes laissent entrevoir la possibilité d’une application plus large à d’autres types de tumeurs », a déclaré le Dr Devalingam Mahalingam, auteur principal de l’étude.

Tags :
sante
Pancréas, poumon, côlon : des robots moléculaires autonomes s’attaquent aux cancers que la médecine redoute le plus
Lire l’article
Au-delà des chiffres, cette étude rappelle aussi l’importance des essais cliniques. Pour certains patients, ils représentent une opportunité d’accéder à des traitements innovants, mais aussi de faire progresser la recherche pour les générations futures.
Source:
www.futura-sciences.com





