Publié le 17/04/2026 21:56
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min
Des quartiers de zones rurales ou urbaines connaissent régulièrement des microcoupures d’électricité. Si elles n’ont rien de grave en apparence, elles ont de réelles conséquences sur le fonctionnement des produits d’électroménager, entraînant des coûts supplémentaires et du stress pour les habitants concernés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Machine à laver, machine pour rendre l’eau moins calcaire… Dans ce quartier de Mudaison (Hérault), près de Montpellier, de nombreux appareils électroménagers tombent en panne prématurément. Chez une habitante, presque tout l’équipement a lâché. « On a eu à changer le micro-ondes, le lave-vaisselle, le lave-linge », énumère-t-elle. Autre point commun : ses voisins ont tous noté des microcoupures d’électricité dans leurs maisons. Stéphanie a, par exemple, dû changer trois fois de micro-ondes en cinq ans et remplacer son four. Quand son ballon d’eau chaude l’a lâchée, son plombier l’a alertée. « On nous a dit que c’était à cause des microcoupures qu’on avait dans la maison qui mettaient en panne les appareils », indique-t-elle.
Une microcoupure est un arrêt du courant de moins d’une seconde. Elle peut se déclencher quand un élément extérieur, comme une branche, entre en contact avec la ligne moyenne tension. Cela permet de protéger le réseau et cela arrive, en théorie, rarement. Mais à Mudaison, cela arrive si souvent que les habitants vivent avec la crainte de perdre leurs appareils à chaque fois que le courant saute. « Une climatisation, un ballon thermodynamique, c’est 5 000 euros l’unité. À chaque redémarrage, on se dit ‘mon appareil va claquer, je vais devoir repayer une clim ou un frigo’. Quand ces épisodes de microcoupures arrivent, c’est à chaque fois un stress », témoigne Béatrice Riehl, habitante de la commune.
Le maire du village est interpellé par les habitants. Celui-ci a déjà contacté Enedis, mais il est démuni. « On peut seulement faire remonter les informations de dysfonctionnements. Nous, on a pu faire le parallèle avec les conditions météo, puisqu’on a connu une concentration de microcoupures sur un délai assez court, et on a constaté que c’était dans une période où on a eu beaucoup de pluie et de vent », souligne Juan Ortega, maire (sans étiquette) de Mudaison.
Comment éviter ces microcoupures ? Contacté, Enedis indique avoir entamé des recherches et des travaux. « Un programme d’élagage est engagé sur le secteur (…) en complément des actions de surveillance et de maintenance. Il contribuera à supprimer durablement les situations susceptibles de générer des microcoupures », répond l’entreprise de service public dans un communiqué.
En France, le problème touche de nombreuses communes. Malgré les interventions d’Enedis, les habitants ne voient pas, dans certains endroits, d’améliorations. À Grandvilliers (Oise), cela fait même plus de 15 ans que les habitants s’en plaignent. Catherine Daniel a dû racheter un lave-vaisselle et une machine à laver. « Les cartes mères grillent avec les microcoupures », explique-t-elle. Elle a aussi dû faire réparer sa porte de garage électrique. « Le matin, c’était impossible de l’ouvrir », témoigne-t-elle. Les réparations lui coûtent beaucoup d’argent. « On a fait intervenir un spécialiste qui nous a refait la programmation. Donc, ce sont des frais : des déplacements, du temps sur place », signale l’habitante.
Face à ces microcoupures à répétition, les habitants se sentent livrés à eux-mêmes. Enedis n’indemnise les particuliers que lorsque la coupure dure au-delà de cinq heures consécutives.
Source:
www.franceinfo.fr





