« Ils sont de retour », soupire Rolando Silva. Depuis le mois de février, des hommes armés sont passés à Agua Fria, le petit village de montagne de 180 habitants dans lequel il est né, situé dans l’Etat du Michoacan, au Mexique, au milieu d’une forêt de sapins qui sert de refuge hivernal au papillon monarque. Les visiteurs ont proféré des menaces à son encontre, puis contre la communauté entière, pour accaparer quelque 200 hectares et y couper les arbres. « Ils ravagent les forêts et revendent le bois aux scieries illégales qui abondent dans la région, sans que les autorités agissent », dénonce cet homme de 69 ans qui a déjà été kidnappé cinq fois depuis 2007 pour le contraindre à céder ses terres, dont 40 hectares ont été rasés il y a une dizaine d’années. Avec son épouse, Rolando Silva a replanté des arbres et pense demander au gouvernement de créer une réserve naturelle dans la forêt pour éloigner définitivement l’exploitation illégale. Il a récemment abandonné son foyer, ne prenant pas à la légère le risque d’une attaque violente.
Et avec raison : au moins 199 défenseurs de l’environnement ont été assassinés au Mexique entre 2015 et 2025, soit un toutes les trois semaines en moyenne, selon un rapport publié jeudi 16 avril par le Centre mexicain du droit de l’environnement (Cemda), et que Le Monde a pu consulter de façon anticipée. Si le rapport du Cemda note que le nombre d’assassinats de défenseurs écologistes a diminué entre 2024 et 2025 (passant de 25 à 10), celui des agressions est à la hausse. Rien qu’en 2025 l’organisation en a documenté 135, principalement des campagnes de diffamation ou d’intimidations sur les réseaux sociaux, mais aussi des violences physiques.
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Source:
www.lemonde.fr





