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En Europe, on a acheté plus d'ebooks en 2025, mais le livre de papier résiste

Les achats de livres numériques et de livres audio progressent dans l’Union européenne, sans effacer la domination du papier. En 2025, 9,5 % des résidents européens ayant utilisé internet au cours des trois mois précédant l’enquête ont acheté un livre numérique ou un livre audio, contre 7,3 % en 2024, indique Eurostat.

Cette donnée, fournie à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, mesure un acte d’achat récent, non l’ensemble de la lecture numérique sur une année.

Le numérique avance, mais l’Europe reste coupée en deux

Le classement européen révèle un marché très inégal. L’Irlande arrive en tête, avec 24,5 % d’acheteurs, devant le Danemark, à 22,5 %, et la Croatie, à 21 %. À l’autre extrémité, la Hongrie, l’Italie, la Slovénie et la Lettonie restent sous le seuil de 5 %. La progression la plus forte revient à la Croatie, en hausse de 16 points par rapport à 2024, devant la Grèce, l’Allemagne et Chypre. La Finlande, le Portugal et Malte reculent.

Cette photographie provient de l’enquête annuelle européenne sur l’usage des technologies de l’information et de la communication par les ménages et les individus, conduite depuis 2002. Pour le livre, elle isole les achats de fichiers ou d’écoutes numériques effectués dans les trois mois précédant l’interrogation. La hausse de 2025 signale donc l’installation d’un usage d’achat dans la consommation culturelle connectée, sans modifier à elle seule la structure du marché éditorial.

L’année précédente, Eurostat relevait encore un net avantage du support physique : 14,7 % des Européens avaient acheté des livres, magazines ou journaux imprimés, contre 6,8 % ayant téléchargé des livres numériques ou audio. La comparaison confirme une progression du dématérialisé, mais aussi la résistance des circuits traditionnels.

La France confirme l’usage, pas le basculement

Pour la France, l’encart le plus exploitable provient du baromètre 2026 Sofia-SNE-SGDL, mené par Médiamétrie et présenté au Festival du Livre de Paris. L’enquête porte sur les pratiques de 2025 et intègre pour la première fois les 6-14 ans, ce qui impose une prudence dans les comparaisons avec les éditions antérieures.

Huit Français sur dix âgés de 6 ans et plus ont lu ou écouté au moins un ouvrage en 2025, soit 47 millions de personnes. Parmi eux, 14 millions ont lu au moins un livre numérique et 10 millions ont écouté au moins un livre audio numérique.

À périmètre constant, chez les 15-80 ans, le taux de lecteurs progresse de 74 % en 2023 à 79 % en 2025. L’imprimé passe de 70 % à 75 %, le numérique de 22 % à 24 %, tandis que l’audio numérique double, de 8 % à 16 %. Ce dernier chiffre constitue le signal le plus net du baromètre français : l’écoute quitte son statut d’usage périphérique et rejoint les arbitrages réguliers des lecteurs, notamment chez les publics jeunes.

Ainsi le smartphone s’impose comme premier équipement pour la lecture numérique et l’écoute, utilisé par 48 % des lecteurs numériques et 58 % des auditeurs de livres audio. Le même article souligne toutefois la persistance du papier : 50 % des Français restent des lecteurs exclusifs d’ouvrages imprimés, et seuls 11 % cumulent les trois supports. La numérisation des usages ne se substitue donc pas au livre physique ; elle ajoute des moments de lecture et d’écoute.

L’abonnement pousse, le paiement à l’acte résiste

Les modes d’accès complètent ce tableau. Dans le baromètre Sofia-SNE-SGDL, l’achat neuf reste le premier mode d’obtention du livre imprimé, cité par 54 % des lecteurs, devant l’occasion et l’emprunt.

Pour les formats dématérialisés, le paiement à l’acte demeure principal : 21 % pour les lecteurs de livres numériques et 25 % pour les auditeurs audio. Les abonnements progressent toutefois fortement : 44 % des lecteurs numériques et 48 % des auditeurs audio déclarent être abonnés à au moins une plateforme de lecture ou d’écoute.

Cette coexistence pèse directement sur les stratégies d’édition. Le support imprimé conserve son rôle économique, social et symbolique ; le numérique installe des usages fragmentés, souvent portés par le téléphone ; l’audio attire un public plus jeune, avec une moyenne d’âge de 31 ans dans l’enquête française, contre 36 ans pour le numérique et 41 ans pour l’imprimé.

Crédits photo : MariaStichert CC 0

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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