Après la pause déjeuner, il ne restera plus qu’une heure de route à Yang Dong et Yu Qiuxiao. Le couple de routiers conduit un camion de produits chimiques du centre au sud-ouest de la Chine : de Xi’an, dans la sèche province du Shaanxi, à Leshan, dans le verdoyant Sichuan. Ils ont déjà fait le gros du trajet, presque 900 kilomètres, répartis sur deux jours pour respecter les temps réglementaires de conduite. Lui est au volant, elle gère le reste, dont les repas, et lui tient compagnie. Beaucoup de routiers fonctionnent ainsi en couple en Chine.
Avant de repartir de la station Sinopec de Meishan (Sichuan), ils prennent un peu l’air devant la cabine rouge du gros camion à la citerne grise pleine de gaz naturel liquéfié. Ils ne cachent pas leurs craintes pour la suite. Car, après ce trajet, la société de transport qui fait appel à eux comme semi-indépendants n’a pas prévu d’autres missions. Les nouveaux affrètements sont arrêtés pour le moment, les affaires ne sont plus rentables. La rapide hausse des prix des carburants sape l’équilibre économique du transport, où les marges étaient extrêmement faibles. Depuis le début de l’année, les prix de l’essence ont augmenté de 30 %. Certes, ils restent bien plus bas qu’en Europe, à environ 8,5 yuans du litre, un peu au-dessus de 1 euro, mais le revenu par habitant y est aussi bien plus bas.
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