- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilLivres & LittératureElle marche 300 km pour relier 100 bibliothèques, en mémoire de sa...

Elle marche 300 km pour relier 100 bibliothèques, en mémoire de sa mère

Le 7 avril, l’autrice torontoise Marci Stepak a entrepris de relier à pied les 100 antennes de la Toronto Public Library en dix jours, sur plus de 300 kilomètres. L’initiative, racontée par Toronto Life, rend hommage à sa mère, Eunice, disparue d’un cancer en avril 2025, tout en levant des fonds pour la fondation du réseau municipal.

Le geste tient du deuil autant que de la géographie intime. Dans le portrait publié par Toronto Life, Marci Stepak décrit une mère qui lisait tout, jusqu’aux boîtes de céréales au petit déjeuner quand aucun ouvrage ne se trouvait sous la main.

C’est à la succursale de York Woods, où Eunice emmenait ses enfants chaque semaine, que sa fille a forgé son attachement aux bibliothèques. À l’approche du premier anniversaire de sa mort, la marche s’est imposée comme une réponse concrète, adressée à une mémoire familiale et à un lieu public longtemps partagé.

Pour mener cette traversée, Marci Stepak a établi un itinéraire serré : départ à Humberwood, à Etobicoke, arrivée à la Toronto Reference Library, avec des passages par York, Midtown, Scarborough, East York et les Beaches. Chaque journée approche les 30 kilomètres. L’initiative apparaît moins comme une épreuve sportive que comme une manière de donner une forme visible à l’absence.

Des lieux qui restent ouverts à chacun

Cette charge affective ne relève pas d’un simple décor. Marci Stepak que le service à domicile de la bibliothèque a compté dans les derniers mois de sa mère, lorsque la maladie rendait les déplacements plus difficiles. Le site officiel de la Toronto Public Library rappelle que son offre dépasse le prêt sur place : service à domicile, accompagnement numérique pour les aînés, rendez-vous avec bibliothécaire ou programmation destinée aux adultes plus âgés figurent parmi les dispositifs accessibles.

Le cas de Toronto donne à cette histoire une portée urbaine très précise. D’après la page institutionnelle de la Ville de Toronto, le réseau compte 100 établissements, soit 81 bibliothèques de quartier, 17 bibliothèques de district et deux pôles de recherche et de référence.

Selon le rapport annuel 2023 de la Toronto Public Library, les visites en établissement ont progressé de 31 % sur un an, tandis que les nouvelles inscriptions ont bondi de 35 %. Les emprunts numériques ont dépassé les 12 millions.

Ces données éclairent le propos de l’autrice qui rappelle que, pour beaucoup de personnes âgées, la bibliothèque demeure l’un des derniers endroits gratuits et accueillants où l’on peut entrer, apprendre et se sentir encore pleinement dans la ville. Les services recensés par la TPL confirment cette fonction de voisinage, à la fois documentaire, pratique et relationnelle.

Une marche pour remercier

La collecte associée à la marche visait 5 000 dollars canadiens, précisait Toronto Life. Mais le montant compte presque moins que le geste : une femme traverse Toronto de bibliothèque en bibliothèque, non pour battre un record, mais pour remercier une institution d’avoir accompagné une lectrice jusqu’au bout.

Marci Stepak le résume très bien ainsi : « J’essaie de remercier les 100 bibliothèques de Toronto. » Sous la fatigue et la logistique, c’est bien un merci qui avance.

Crédits photo illustration : StockSnap CC 0

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img