La réalisatrice britannique de 55 ans met en scène une histoire d’amour incandescente, portée par un duo de stars.
Publié le 26/04/2026 06:10
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La réalisatrice de A Beautiful Day (2017) signe un nouveau long-métrage dans lequel elle raconte l’histoire d’une relation passionnelle entre un homme et une femme, bousculés par l’arrivée d’un bébé. Dernier de la cuvée en compétition à Cannes en 2025, le film sort dans les salles le 29 avril.
Die My Love s’ouvre sur un long plan fixe, l’intérieur d’une maison délabrée, un homme et une femme entrent et sortent du champ. Ils visitent. Grace et Jackson ont décidé de venir s’installer ici, en pleine campagne, dans cette vieille demeure en bois qui appartenait à l’oncle de Jackson. Ses parents habitent à côté.
Dans cette petite maison dans la prairie, le couple vit d’abord des jours heureux, passant le plus clair de son temps à faire des parades amoureuses dans toutes les pièces de la maison, ou dans les herbes hautes et fleuries des alentours. Grace tombe enceinte. Jusque-là tout va bien.
Après la naissance du bébé, Jackson s’absente une partie de la semaine pour son travail. Grace, qui se retrouve seule avec son bébé, s’ennuie, et s’irrite du manque d’enthousiasme sexuel de Jackson quand il rentre à la maison. Elle commence à montrer les signes d’une dépression post-partum. Autour de la maison, un motard rôde. Jackson, impuissant (et pas très fin) regarde sa femme s’enfoncer dans la folie.
Avec ce nouveau long-métrage, une adaptation du roman Crève, mon amour d’Ariana Harwicz, Lynne Ramsay creuse la question de la parentalité et des traumatismes de l’enfance, en s’attaquant cette fois aux racines du mal. « Ma relation avec mon bébé ne se passe pas mal. C’est tout le reste, qui est pourri », dit Grace. N’empêche, pourquoi perd-elle les pédales à l’arrivée d’un enfant ? Que s’est-il passé dans sa propre enfance pour qu’elle sombre à ce point dans la folie ? Que deviendra ce bébé qui voit le jour dans un tel contexte ?
Dans ce huis clos amoureux, la caméra, comme celle de John Cassavetes sur Gena Rowlands dans Une femme sous influence, ou de Jean-Jacques Beinex sur Béatrice Dalle dans 37°2 le matin, se focalise sur le personnage de Grace, porté par une Jennifer Lawrence en permanence à l’image. Une performance pour la comédienne, très photogénique, qui finit néanmoins par s’épuiser à répéter toujours les mêmes gestes.
Robert Pattinson s’en sort plutôt mieux, dans le rôle de ce compagnon, mari et père infantile et fuyant, qui regarde passivement sa femme s’enfoncer dans la folie, avec des comportements d’un autre âge pour faire entrer sa femme dans le moule de la bonne épouse, de la bonne mère, de celle qui ne fera pas « honte » à son mari.
La réalisatrice joue sur les contrastes, à l’image et au son, à coups de chants de grillons et de guitares électriques, pour signifier les sautes d’humeur de Grace et les soubresauts de cette histoire passionnelle en forme de montagnes russes. Une mise en scène qui finit, elle aussi, par s’assécher dans un esthétisme outré, qui ne suffit pas à masquer la vacuité d’un scénario au message un peu brouillé sur la féminité, et sur le désir.

Tout public avec avertissement
Genre : Comédie, Drame, ThrillerRéalisation : Lynne RamsayAvec : Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Lakeith StanfieldPays : CanadaDurée : 1h 58minSortie : 29 avril 2026Distributeur : Bac FilmsSynopsis : Grace et Jackson fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule.
Source:
www.franceinfo.fr





