Elle était la romancière la plus lue en 2025 avec Les heures fragiles — écoulé à plus de 240.000 exemplaires. Elle compte aussi parmi les plus sympathiques quand on la croise dans un salon. Mais la louve n’est jamais loin quand ses enfants sont concernés.
Dans un post sur Instagram, elle relate une scène déplorable : « Après une journée à se balader, on a emmené les enfants à la piscine de l’hôtel. C’est une piscine chauffée avec des jets massants, une partie jacuzzi et un couloir de nage. »
Les enfants entrent dans l’eau, mais un détail la marque immédiatement : « Ils passaient à côté d’un homme dont je ne voyais que le dos. Mon corps a tout de suite compris qu’il se passait quelque chose, mon cerveau a eu besoin de plus de temps. Pendant les vingt secondes nécessaires pour rejoindre mes fils à la nage, je ne l’ai pas quitté des yeux, pourtant je refusais de croire ce que j’étais en train de voir. »
La suite se devine tristement : le type se masturbait, ni plus ni moins. Le maître nageur intervient, et l’homme se défend : il lui réplique qu’elle n’était « pas bien, que c’était grave de l’accuser ainsi, qu’il essayait juste de remonter son short qui tombait. Mon mari, que j’avais complètement oublié, est alors intervenu. Il avait vu aussi. Lui a dit qu’on ne remontait pas un short avec un geste saccadé pendant une longue minute. L’homme est parti. »
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Le témoignage s’inscrit dans une démarche de sensibilisation : en choisissant de rendre public cet épisode, elle tente à sa mesure d’alerter sur la banalisation de comportements délictueux dans des espaces accessibles à tous. Et de ne pas minimiser ces faits, en particulier lorsqu’ils exposent des mineurs.
D’autant plus sinistre que de l’aveu même du maître nageur, le type aurait déjà été rappelé à l’ordre pour s’être présenté nu dans le sauna. La responsable des lieux, en revanche, n’en croit pas un mot. Elle « m’a demandé trois fois si j’étais sûre. Elle avait croisé l’homme, il affirmait qu’il remontait son short. “C’est un client fidèle, on n’a jamais eu de problème avec lui”. Je me suis mise en colère. Sa parole à lui n’avait pas été remise en doute. J’ai su plus tard qu’elle s’en voulait, qu’elle avait été sidérée. Je la comprends et je ne lui en veux pas, mais c’est violent. »
En droit français, l’exhibition sexuelle constitue un délit, caractérisée par « l’imposition à la vue d’autrui d’un acte à caractère sexuel » dans un lieu accessible au public. Ce comportement est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15.000 € d’amende.
« J’y pense souvent. Parmi ces pensées, il y en a une qui me met en colère, et qui me pousse à vous le raconter aujourd’hui : je me sens coupable. J’essaie de chasser ce sentiment, mais il me colle aux basques, parce que c’est comme ça qu’on nous élève, nous, les femmes », poursuit-elle.
« Le pauvre, je vais le mettre mal à l’aise. Le pauvre, il avait l’air si gêné. Le pauvre, ça va peut-être détruire sa vie. Un homme s’est fait plaisir devant mes enfants et j’ai de la peine pour lui. Et c’est MA parole qu’on remet en doute. »
Cette médiatisation met en lumière un paradoxe : alors que le cadre légal existe et prévoit des sanctions précises, les victimes ou témoins hésitent souvent à intervenir ou à signaler les faits. Le témoignage de Virginie Grimaldi s’inscrit ainsi dans une logique d’alerte, visant à rappeler que ces actes ne relèvent pas de l’incident isolé, mais d’une infraction reconnue et punissable.
En exposant publiquement cette situation, son intervention souligne combien la question ne concerne pas uniquement la sécurité individuelle, mais aussi la capacité collective à identifier, qualifier et signaler des comportements qui relèvent du droit pénal.
« On a encore du chemin, mais sans les affaires récentes, sans le féminisme qui est si souvent décrié, mais qui m’éduque depuis des années, sans des témoignages lus sur les réseaux, j’aurais fermé les yeux, comme les autres fois. Et l’homme aurait pu continuer pépouze à remonter son maillot au milieu d’enfants. En l’écrivant ici, sait-on jamais, j’espère qu’une autre parlera la prochaine fois », achève la romancière.
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Cette prise de parole de l’autrice a déclenché de nombreux témoignages similaires, révélant une fréquence non négligeable de ces comportements dans l’espace public. Au moins son intention et son message ont-ils trouvé un écho.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com
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