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Déjeuner de Jordan Bardella avec le Medef : "Nous sommes pro-business, nous avons bien conscience que la France a besoin de ses entreprises", assure Laurent Jacobelli, porte-parole du RN

Invité politique de « La Matinale », lundi 20 avril, le député Rassemblement national de Moselle et porte-parole du parti réagit au déjeuner prévu entre Jordan Bardella, président du RN, et l’organisation patronale. Une rencontre nécessaire selon lui : « Nos opposants politiques laissent imaginer un programme fantasmé du Rassemblement national en matière d’économie. »

Après le dîner entre Marine Le Pen et des patrons du CAC 40, le déjeuner de Jordan Bardella avec le Medef ce lundi 20 avril signe-t-il un rapprochement entre le patronat et le Rassemblement national ? Pour Laurent Jacobelli, il ne s’agit avant tout d’échanges « nécessaires », « du grand patronat jusqu’à l’artisan pour être sûrs qu’à la fois notre programme sera bien appliqué », comme l’explique le député RN de Moselle et porte-parole du parti, dans « La Matinale ».

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Alix Bouilhaguet : Jordan Bardella déjeune tout à l’heure avec le bureau exécutif du Medef. Est-ce que c’est pour vous une victoire politique ? Est-ce que c’est pour vous le signe de la normalisation du Rassemblement national ?

Laurent Jacobelli : Écoutez, je crois que c’est quelque chose de tout à fait nécessaire et de tout à fait courant. C’est vrai que nous nous préparons à gérer notre pays à partir de 2027 et pour ça nous devons nous entretenir avec tous les acteurs, les salariés, les chefs d’entreprise, du grand patronat jusqu’à l’artisan pour être sûrs qu’à la fois notre programme sera bien appliqué, mais aussi entendre, écouter les revendications de ceux qui aujourd’hui font tant de bien à notre économie.

Certains patrons pensent tout bas que le RN ne comprend pas grand-chose en matière économique. Donc : « Autant dialoguer, on va les éduquer », résumait un grand patron. Est-ce qu’on peut vous éduquer ?

Je n’emploierai pas ce terme-là. On peut évidemment échanger. Moi je crois que s’il y a quelqu’un à éduquer, c’est Emmanuel Macron et son gouvernement aujourd’hui : 3 400 milliards de dettes qui pèsent lourdement sur nos entreprises, une inflation des normes, beaucoup trop d’impôts. Je vais prendre un exemple : les impôts de production qui grèvent le budget de nos entreprises, c’est 3,6% du PIB en France, 2,2% en Europe. Et donc, la productivité de nos entreprises est ralentie et c’est ça que nous allons expliquer aux entrepreneurs, en leur disant que nous allons baisser ces impôts, nous allons alléger les taux fiscaux et la pression des normes pour enfin avoir des entreprises plus compétitives. Des entreprises compétitives, c’est quoi ? C’est de l’emploi. L’emploi, c’est de la consommation, c’est de la cotisation aux caisses sociales et c’est donc une France qui repart dans le bon sens.

Mais il y a quand même certains patrons qui vous reprochent d’une manière générale d’être trop étatistes, d’être flous sur les retraites, flous sur la réduction des déficits, flous sur le financement de la protection sociale, la compétitivité. Ça fait beaucoup. Est-ce que votre programme économique, il entretient toujours le trouble aujourd’hui ?

Non, ce n’est pas le programme économique. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’intermédiaires entre nous et les patrons, les médias, je ne parle pas de vous évidemment, mais en général nos opposants politiques qui laissent imaginer un programme fantasmé du Rassemblement national en matière d’économie. C’est pour ça que Jordan Bardella ou Marine Le Pen rencontrent les patrons, pour leur expliquer la réalité du programme. Il faut être très clair, nous sommes pro-business, nous avons bien conscience que la France a besoin de ses entreprises, mais je le répète, ça va du grand patron jusqu’à l’artisan, pour vivre, pour faire en sorte que nous produisions, de créer de l’emploi, de la consommation et que notre pays puisse connaître en même temps un essor social.

Vous dites que vous êtes pro-business. Marine Le Pen, elle ne dit pas exactement cela. Elle, c’est plutôt l’État protecteur, c’est un protectionnisme assumé, une forme de méfiance envers la mondialisation et même les grandes entreprises. Et Jordan Bardella, c’est le contraire, effectivement, une ligne pro-business et plus libérale. Donc, c’est quoi la ligne du parti ?

Mais les deux. Vous disiez plus d’État, mais aujourd’hui, nos entreprises ont besoin d’un État qui les protège. Quand on voit la concurrence mondiale avec des produits chinois qui ne respectent pas les mêmes normes et qui peuvent être importés en France avec des droits de taxe minimalistes à l’entrée du pays, eh bien, ça ne protège pas nos entreprises. Il faut un État fort, qui dise : « C’est très simple, si vous produisez en Chine ou partout dans le monde et que vous ne respectez pas les mêmes normes que les entreprises françaises, alors vous serez taxé à l’entrée. » C’est pour aider nos entreprises. C’est parce qu’il n’y a pas assez d’État pour protéger les entreprises aujourd’hui mais trop d’État pour les taxer que beaucoup de nos grands groupes sont en difficulté. Il faut à la fois la liberté d’entreprendre, la liberté de créer et d’investir, et en même temps, si je peux me permettre cette expression que d’autres utilisent, la protection des intérêts de nos entreprises.

On a quand même le sentiment que la ligne économique sera tranchée le 7 juillet, lors de la décision de la Cour d’appel dans l’affaire du Parlement européen. Ce sera peut-être plus d’État si c’est Marine Le Pen la candidate, et plus libéral si c’est Jordan Bardella ?

Mais les deux vont ensemble. Quand vous dites, plus d’État, l’idée n’est pas de nationaliser les entreprises. L’idée n’est pas de mettre un représentant de l’État dans le Conseil d’administration. L’idée est de protéger nos entreprises face à une concurrence devenue folle et des normes devenues aberrantes. Donc je crois qu’il faut arrêter les caricatures, et c’est pour ça qu’on discute avec les entreprises. La France a besoin de ces entreprises. Les entreprises ont besoin de l’État. Tous doivent vivre en bonne harmonie. Vous savez, le général de Gaulle a fait quelque chose d’exceptionnel, il a fait accompagner la croissance économique de la France avec l’essor social. Les deux sont liés. Plus vous créez d’emploi, plus il y a de cotisations dans les caisses sociales et mieux les Français sont protégés. Donc tout cela va ensemble. Il faut casser les caricatures qui tournent autour de nous. C’est pour cela que nous parlons et que nous expliquons sans relâche aux entrepreneurs ce que nous voulons faire.

D’après nos confrères de L’Opinion, après le déjeuner, la rencontre avec Marine Le Pen et une douzaine de patrons du CAC 40, ces patrons seraient ressortis totalement atterrés de la rencontre, lui reprochant à un discours finalement beaucoup trop général. Ce n’est pas contre-productif si finalement, après les échanges, les grands patrons vous étrillent et étrillent votre programme ?

Écoutez, moi, je n’étais pas au dîner, je ne sais pas si vous y étiez, je pense qu’il faut se méfier de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a vu la bête. Non, je pense qu’il faut être très clair, nous, nous avons un programme solide, ce programme, vous savez, on l’a pas sorti d’un chapeau, nous discutons en permanence avec tous les acteurs de la vie économique.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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