Sonia Hernandez, Carlos Cruz, Yarisledy Rodriguez et Maria (un prénom d’emprunt car elle souhaite rester anonyme) se souviennent avec douleur du printemps 2022, des deux semaines pendant lesquelles ils ont été ballottés entre la Lituanie et la Biélorussie, coincés dans une forêt, dans le froid, affamés, violentés de part et d’autre par des gardes-frontières.
Yarisledy Rodriguez avait 21 ans. Elle vit aujourd’hui à Vilnius, employée par un traiteur dans un quartier de bureaux. Elle avait quitté Cuba en 2021, après avoir participé, le 11 juillet, à une manifestation d’ampleur contre le régime communiste, la première d’une série de protestations déclenchées par la pénurie de nourriture et de médicaments et la gestion de la crise sanitaire. « A Ciego de Avila [au centre de l’île], nous avions marché jusque devant le siège du parti en exigeant la liberté », se souvient celle qui était alors danseuse dans des hôtels pour touristes. Sonia Hernandez, 33 ans aujourd’hui, et Carlos Cruz, son conjoint à l’époque, ont aussi participé à ces manifestations à La Havane.
La répression ne se fait pas attendre. « Des amis ont été emprisonnés, se souvient Yarisledy Rodriguez. L’un a été condamné à quatre ans de prison et il est actuellement assigné à résidence. » Craignant d’être visée à son tour, elle quitte précipitamment le pays, avec l’aide financière de sa marraine, installée aux Etats-Unis.
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Source:
www.lemonde.fr





