L’Amoc est ce qu’on appelle un méga-courant océanique : il transporte les eaux chaudes de l’océan Atlantique sud vers les hautes latitudes de l’océan Atlantique nord, des Tropiques vers l’Europe donc. Cette eau chaude se refroidit au cours de son voyage et redistribue la chaleur dans d’autres eaux, celles du nord, à proximité de l’Arctique et de l’Europe. La température de l’eau à proximité de l’Europe influence ensuite la température de l’atmosphère.
Le courant Amoc (dont le fameux Gulf Stream constitue l’un des segments) a donc un impact majeur sur la météo d’une partie du continent : le nord de l’Europe (l’Arctique) et de l’ouest (dont la France fait partie). Or, ce courant primordial pour l’équilibre du climat montre des signes d’affaiblissement en raison du réchauffement et de l’apport d’eau douce issu de la fonte des glaces. Nous risquons donc de connaître un temps beaucoup plus froid au sein de ces pays dans un futur plus ou moins lointain, un peu comme celui du Québec : c’est la conséquence la plus évidente d’un fort affaiblissement dans le futur, voire carrément d’un arrêt éventuel du courant. Mais ce n’est pas la seule. De nouvelles études ont récemment émis la possibilité de conséquences bien plus étonnantes.
???? Today in @Nature: Is the AMOC on the brink of collapse?
Unlikely before 2100—but the risks are real ????
We find Southern Ocean winds keep this vital ocean “heat engine” running, even under extreme #climatechange. But the Pacific holds a surprise…
Let’s explore ???????? pic.twitter.com/Yp0aYg8qHa
— Jon Baker (@jonbaker_ocean) February 26, 2025
Les hivers européens seraient plus froids, mais les étés toujours caniculaires
Selon une étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters en juin 2025 par des scientifiques internationaux, l’effondrement du méga-courant plongerait une partie du monde dans un froid radical, avec des températures glaciales l’hiver ! Dans ce contexte, la banquise se répandrait jusque sur les côtes scandinaves, ainsi que sur une partie de celles du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Cette surface blanche contribuerait ensuite à refroidir encore davantage le climat européen : la surface blanche des glaces de mer reflèterait en effet les rayons solaires, faisant encore plus chuter la température. L’été par contre, le rafraîchissement ne se ferait pas sentir avec toujours un risque de canicules. Le climat de la France serait donc davantage continental, comme au Canada : du froid polaire l’hiver et de la chaleur caniculaire l’été.
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Le Gulf Stream est en train de dévier et c’est le signe précurseur d’un effondrement, révèle une simulation !
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L’Irlande, les îles britanniques, et le nord-ouest de la France pourraient être balayés par un défilé inédit de tempêtes
Selon une nouvelle étude menée par un océanographe irlandais et publiée dans Nature Climate Change le 10 avril dernier, le refroidissement localisé de l’Atlantique nord aura des conséquences importantes sur la formation des tempêtes qui touchent le nord-ouest de l’Europe. Pour l’Irlande, les îles britanniques et le nord-ouest de la France, ce n’est pas le refroidissement qui serait le problème, mais plutôt les conséquences sur l’atmosphère de ce refroidissement : celui-ci va influencer la formation et l’intensité des tempêtes, tout comme l’intensité des pluies. Avec un gradient de température plus important, les tempêtes qui se forment au-dessus de l’Atlantique et sont ensuite catapultées par le jet-stream vers ces pays risquent d’être plus fréquentes, plus intenses et plus pluvieuses.

L’affaiblissement ou l’arrêt de l’Amoc pourrait nettement aggraver la fréquence et l’intensité des tempêtes en Europe de l’ouest. © Eumetsat, Meteorologene
Des sécheresses extrêmes au nord de l’Europe pouvant durer 1 000 ans
Une autre étude, menée par l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas en 2025, estime qu’un Amoc moins vigoureux entrainerait des sécheresses sans précédent sur une partie de l’Europe. Cette sécheresse progresserait davantage au nord de l’Europe qu’au sud, principalement en Scandinavie. Les simulations informatiques effectuées par les scientifiques montrent que la saison sèche augmenterait de 72 % en Suède sans l’Amoc, et de 60 % en Espagne. Les sécheresses que ce bouleversement engendrerait pourraient durer plus de 1 000 ans, selon les auteurs de l’étude !

L’arrêt de l’Amoc provoquerait un refroidissement localisé au nord de l’Europe (en bleu ici), mais changerait aussi la manière dont les pluies sont distribuées. © Science
L’océan se transformerait en émetteur de carbone et perdrait son rôle de régulateur du climat
Un arrêt du courant Amoc mettrait fin au rôle fondamental de l’océan comme régulateur du climat. Selon une étude de Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK) publiée dans Communications earth & environment fin mars 2026, l’arrêt du méga-courant transformerait l’océan austral en émetteur de carbone, alors qu’il permet jusqu’à maintenant de séquestrer ce gaz à effet de serre hautement réchauffant. D’importantes quantités de carbone enfouies dans les profondeurs de l’océan remonteraient alors à la surface, ce qui ajouterait entre 0,17 et 0,27 °C de réchauffement planétaire supplémentaire. La région antarctique pourrait gagner jusqu’à 6 °C supplémentaires, tandis que la région arctique pourrait perdre 7 °C.
Les conséquences exactes d’un éventuel effondrement de l’Amoc ne sont que des hypothèses et restent encore à déterminer avec précision. Cependant, si cet effondrement se produit réellement, ce qui ne devrait pas arriver avant le siècle prochain, voire bien plus tard, il est certain que le climat européen subira à nouveau un bouleversement majeur, et il n’est jamais trop tôt pour l’anticiper.
Source:
www.futura-sciences.com




