Le gouvernement appelle, samedi 18 avril, les distributeurs à baisser les prix du carburant, alors que les tarifs du pétrole ont connu un recul cette semaine, agitant la menace d’un décret de plafonnement des marges qu’il espère ne pas avoir à appliquer.
Le projet de décret en question, consulté mardi par l’Agence France-Presse (AFP), vise notamment à « éviter des effets d’aubaine », selon la fiche de présentation du projet de texte qui doit être soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’Etat.
« C’est d’abord un outil de dissuasion. Mais pour qu’une dissuasion soit crédible, il faut qu’elle puisse être opérationnelle, et c’est le cas », a affirmé le ministre de l’économie, Roland Lescure, dans une interview au Parisien Dimanche. « Le diesel a baissé d’environ 13,7 centimes depuis son plus haut niveau. Et depuis vendredi, le pétrole a encore baissé à 90 dollars (soit 76,36 euros) [le baril]. Les prix doivent baisser aussi vite qu’ils ont monté. Nous ferons le point avec les distributeurs dès lundi », a-t-il ajouté.
« Aucune publication de ce décret n’est actée à ce jour mais tout le monde doit jouer le jeu. En quelques jours, le prix du baril est passé de 115 dollars (soit 97,57 euros) à moins de 90 dollars (soit 76,36 euros). Cette baisse doit se voir sur les prix à la pompe », a également déclaré Maud Bregeon, ministre déléguée à l’énergie, à Ouest-France.
« Répercuter les baisses de prix constatées sur les marchés »
« Le projet de décret vise simplement à encadrer les marges au niveau d’avant crise. C’est un outil à notre disposition. Comme un médecin qui prépare tous ses instruments avant une opération, sans forcément les utiliser », a prévenu sur le même ton le ministre du commerce, Serge Papin, interrogé par le Journal du Dimanche. « En tant qu’ancien patron de magasin, je peux vous le dire : le carburant est un produit d’appel pour la grande distribution. Aujourd’hui, les stations-service doivent répercuter les baisses de prix constatées sur les marchés des produits raffinés », selon le ministre.
Ce projet de décret suscite une levée de bouclier des distributeurs, qui demandent son « retrait » et plaident pour la suspension des certificats d’économies d’énergie afin de faire baisser les prix à la pompe.
Concernant d’éventuelles aides supplémentaires aux secteurs mis en difficulté par l’envolée des prix du carburant, « tout dépend de l’évolution de la crise », répond M. Lescure. « A ce stade, nous n’avons pas d’enjeu de disponibilité, qu’il s’agisse de l’essence, du gazole, du kérosène ou des engrais. Mais pour que cela continue, il faut que la situation se stabilise vite et que les flux reprennent. Si la crise se prolonge, la situation pourrait devenir alors beaucoup plus difficile », estime-t-il, alors que l’Iran a refermé samedi le stratégique détroit d’Ormuz.
Interrogé sur la possibilité que l’Etat remette au pot sur le plan électrification, le ministre de l’économie est catégorique : « il n’est pas question de dépenser des euros que nous n’avons pas. Je le répète, s’il y a des dépenses supplémentaires, il faudra les financer par des redéploiements ». Quant aux précisions encore attendues sur les mesures de ce plan, « nous finalisons les détails », a-t-il assuré.
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